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Merci à vous tous amis lecteurs de notre blogue!

Vous nous avez solidairement accompagnés tout au long de cette merveilleuse aventure bolivienne. Rapatriés au Québec à la mi-aout 2010, nos problèmes de santé ayant eu raison de notre grande volonté, nous continuons à recevoir des commentaires de gens venus lire nos écrits. Merci!

A chacun d'entre vous, nous vous souhaitons que la santé soit au rendez-vous. Osez mettre en oeuvre les étapes menant à la réalisation de vos rêves... Vous savez, ces projets qui vous habitent au plus profond de votre coeur. Comme ce fut le cas pour nous avec notre vie en bolivie.

samedi 13 février 2010

Viva el Carnaval !!! (par Sandra)





Aujourd'hui, notre initiation au Carnaval d'Oruro!
Cette légende bolivienne, cet amalgame de traditions ancestrales racontant l'histoire de la région au rythme des danses endiablées.
Fabuleux!
Quelle expérience! On se trouve pas mal chanceux d'être ici!
On a eu du fuuuunn pur, les amis!
Voici des photos de notre journée.
Et qui dit Carnaval, dit bataille de globos (ballounes d'eau) et d'espuma (genre de crème à barbe en spray)...
...hoooouuuua! Quel bonheur pour nos coeurs d'enfants!




Et ça continue non-stop jusqu'à demain dimanche dans la nuit!
Mais nous, en tant que personnes hautement sages, avons pris la nuit de break...:)
Et puis, forts de notre première expérience carnavalesque, en prévision de notre 2e journée demain, nous nous sommes procurés des supers-punchos-protèges-globos!




vendredi 12 février 2010

Chronique du Carnaval d'Oruro


Ça y est. Ce que les « orurenos » attendent impatiemment depuis la fin du carnaval 2009 arrive enfin : le carnaval 2010. Véritable fierté bolivienne, ce carnaval se targue d’être mieux que celui de Rio de Janeiro. Évidemment, il est moins connu, on n’a qu’à regarder la carte de l’Amérique du Sud pour comprendre la place que prend le Brésil dans l’imaginaire (et la réalité) latine.

Les écoles ne sont pas sitôt ouvertes (depuis 7 jours) que déjà, une semaine de congé se pointe le bout du nez. Et pour cause, il faut bien trois jours pour se préparer au Carnaval et deux afin de s’en remettre.

Ainsi, les préparatifs vont bon train : la floraison atteint son apogée, la ville se fait belle, les estrades géantes envahissent les rues. Les milliers de personnes qui y paraderont en dansant ou en jouant de la musique en sont à leurs dernières répétitions. Depuis des mois d’ailleurs, ils arpentent les rues chaque dimanche afin de peaufiner le tout sous les yeux attentifs et les lèvres souriantes des passants. Ici, tout le monde participe de près ou de loin au Carnaval. Tout groupe qui se respecte (jeunes et moins jeunes) paradera, dansera, jouera de la musique, ce qui me laisse penser que la parade du Carnaval de Québec pourra aller se rhabiller : ici, le Carnaval est un événement social, politique et tout le monde en fait sa fierté. Rien à voir avec la passivité des québécois (et j’en suis) qui semblent dire : « Allez, y fait frette, divertissez-moi, j’ai payé de mes impôts!»
Et pendant que les propriétaires d’estrades s’acharnent sur leur « vache à lait », les jeunes, eux, s’acharnent depuis maintenant près de 2 semaines à faire la guerre. Eh oui! Balounes d’eau et fusils de tout acabit emplissent les mains des jeunes et moins jeunes. Il est difficile de marcher au centre de la ville sans recevoir ces obus. D’ailleurs, les jeunes portent tous des vêtements à moitié mouillés qui témoignent des combats ayant déjà eu lieu. Les plus peureux portent des ponchos imperméables, ce qui n’est pas sans leur attirer d’avantage de projectiles. Alors que chez nous les victimes auraient tôt fait de dénoncer leur « agresseur », ici les gens, même les adultes, se contentent de sourire en regardant leurs vêtements trempés. C’est à croire qu’ils se remémorent ainsi les Carnavals de leur jeunesse. Parce que si le Carnaval, même à quelques jours de son lancement, laisse des traces sur les vêtements des passants, on devine aux yeux pétillants de ceux qui nous en parlent, que le Carnaval laisse aussi des traces dans l’âme de ceux qui le font vivre année après année.

vendredi 5 février 2010

La rentrée scolaire comme si vous y étiez! (par Pierre-Luc)




Ça y est, les enfants ont commencé l'école! Il sont donc entrés au Collège Anglo-Américano lundi dernier avec leur uniforme sur le dos et des papillons dans l'estomac! L'accueil solennel que vous pourrez voir sur le vidéo joint (si vous avez la patience de le regarder au complet!) n'avait rien pour rassurer les cocos: hymne national bolivien, hymne du collège et levé du drapeau bolivien... le tout dans l'ambiance décontracté d'un camp militaire! Rien à voir avec les débuts d'année scolaire au Québec où les professeurs chantent, sont déguisés et les élèves participent à diverses activités!


Qu'à cela ne tienne, dès les premières heures de cours, les enfants avaient déjà de nombreux amis. Ils attiraient, du même coup, la convoitise de leurs nouveaux compagnons de classe grâce à leur chevelure blonde et leurs yeux bleus!


Gageons que les adieux seront difficiles....


mardi 26 janvier 2010

Guide de survie à 3 800 mètres d'altitude (par Pierre-Luc, photo de Terry Sebastien)


Bravo! Vous vous apprêtez à vous envoler pour la Bolivie. Voici donc quelques petits trucs afin que votre séjour soit des plus agréables.

- Dès votre sortie de l'avion, vous risquez de ressertir un ou des symptômes parmi les suivants: Nausée, vomissements, étourdissements, saignement de nez, fatigue extrême... Aussi, la médication pré-départ peut être une solution envisageable afin de diminuer les symptômes liés à l'altitude.

- Prévoyer un peu de temps afin de faire une pause à la clinique médicale de l'aéroport: des bonbones d'oxygène sont mises à votre disposition.

-Ensuite débute la descente vertigineuse vers La Paz. Même si cette randonnée en taxi propose un panorama à couper le souffle, vous n'y verrez rien.... aussi prévoyez un sac puisqu'il se peut qu'il recueille le contenu de votre estomac.

-Durant les premières journées, le moindre effort physique vous semblera colossal: par exemple, monter quelques marches nécécessitera une pause afin de vous remettre de vos émotions "fortes". De plus, après l'effort (parfois bien après) vous aurez souvent l'impression que vous sortez la tête de l'eau et que vous respirez pour la première fois.

-Vos nuits seront difficiles. Pour une raison que l'on ignore, les nuits en altitude sont moins réparatrices: prévoyez descendre de quelque 1000 mètres le temps d'un week-end, votre corps vous dira merci!

-Vous n'aurez jamais vu le soleil d'aussi près. Aussi, rappelez-vous que vous n'êtes pas bolivien: votre 'tite peau blanche ne vous laissera aucune chance: prévoyez de la crême solaire en quantité industrielle.

-Plus près du soleil veut aussi dire chaleur accablante (par moment). Mais attention, dès que vous croiserez un coin d'ombre, que des nuages se pointeront, assurez-vous d'avoir avec vous un bon manteau. Pour les soirées, prévoyez une tuque, des mitaines et un foulard. Un sleeping -20 ou -30 est essentiel surtout qu'ici, les maisons ne sont pas chauffées... ni isolées!

-Prévoyez aussi beaucoup de beaume à lèvres, on reconnaît les nord-américains qui viennent tout juste d'arriver à leurs lèvres gercées; la sécheresse atteindra aussi votre bouche (surtout durant la nuit) et votre nez! Apès quelques semaines, la situation devrait se rétablir par elle-même.

-L'altitude influence également les aliments: la pression fait "bomber" les contenants. Aussi, méfiez-vous en, ils vont assurément déborder à l'ouverture... et se retrouver sur votre nez!

-Finalement, en campagne, il est parfois nécessaire de faire ses besoins au pied d'un arbre. Puisque l'altitude influence aussi la végétation, sachez que l'expression "au pied d'un arbre" prend un nouveau sens puique les arbres mesurent... un pied!

Voilà, vous êtes maintenant prêts.

Bon voyage!





dimanche 24 janvier 2010

Cherche et trouve (par Pierre-Luc et Sandra)


Dimanche après-midi. Luxueux hotel Eden du centre-ville d'Oruro qui d'ailleurs détonne passablement dans le paysage. Au programme: piscine chauffée, spa et milkshakes aux fraises. Toute la famille s'en donne à coeur joie. Surtout que l'endroit est presque désert, hormis cet homme bolivien qui marche dans la piscine à pas de tortue, de long en large, en fixant le fond de la piscine.


-Maman, qu'est-ce qu'il fait le monsieur? demande Daphnée, intriguée.

- Je ne le sais pas...peut-être qu'il médite? Peut-être qu'il compte les carreaux de céramique au fond de la piscine?

-Il cherche peut-être des cennes noires?? rajouta Pierre-Luc, toujours aussi comique.


On joue au ballon, on fait le dauphin et quelques longueurs. On s'amuse et on relaxe.


Soudain, Pierre-Luc met le pied sur quelque chose. Une roche? La fameuse cenne noire? Pierre-Luc comprend alors. L'homme cherchait sûrement quelque chose. Qu'est-ce? Une bague? Pierre-Luc utilise la même technique que l'homme bolivien et scrute le fond de la piscine. Rien.


Après quelques minutes de recherche, il remet finalement le pied sur l'objet convoité. Il le saisit entre ses grands orteils afin de le remonter à la surface.


Surprise! Ce n'est pas une bague! Il s'agit plutôt... d'une incisive artificielle raboutée à un bout de gencive tout aussi artificiel!!!


Est-ce vraiment ce que l'homme cherche? se questionne Pierre-Luc. Vais-je vraiment lui demander : «est-ce votre dent, monsieur?!»


Devant le regard interrogateur de Pierre-Luc qui fixe sa main, ahuri, l'homme s'avance et découvre l'objet de ses recherches.


«Ahhh! Graciassss!» dit-il, souriant de toutes ses dents (sauf une!). Il fait une accolade à Pierre-Luc et sans attendre, remet sa dent à son emplacement d'origine.


«No esta facil buscar en todo esta grande piscina!» («ce n'est pas facile de chercher dans cette grande piscine!») s'exclama t-il, en souriant de toutes ses dents...cette fois-ci!

jeudi 21 janvier 2010

Vidéo de présentation du projet «Un Aguayo...», réalisé par Pierre-Luc







http://www.youtube.com/watch?v=tryAoOxwCpE (cliquez sur ce lien)

Chers lecteurs de notre blogue, famille, amis, collègues et autres gens inconnus,


c'est avec un IMMENSE plaisir que nous vous présentons notre projet des dernières semaines. Pierre-Luc a réuni tout son coeur et son talent afin de réaliser un documentaire décrivant le projet de coopération canadienne sur lequel on travaille ici en Bolivie.

À l'origine, ce documentaire était destiné aux élèves de Pierre-Luc de l'École Juvénat Notre-Dame à St-Romuald afin de les sensibiliser à la réalité des pays en voie de développement dans le cadre d'une semaine thématique organisée sur ce sujet.

Nous avons finalement profité de l'occasion pour produire un vidéo pouvant s'adresser à toute personne désirant en savoir plus sur le projet «Un Aguayo», ses origines, ses fondements et ses avancées. Nous croyons que les images, les visages, les sons vous permettront de mieux vivre avec nous les émotions boliviennes de l'Altiplano.


Un sincère merci à toutes les femmes et familles, enfants, lamas, villageois, sages-femmes, membres des équipes de santé qui ont aimablement accepté de partager leur quotidien avec nous...et avec vous.

Bon visionnement...et bonne réflexion!



samedi 16 janvier 2010

La 'tite nature des étrangers! (par Sandra et Pierre-Luc)

Après 5 semaines de tergiversation et d'hypothèses diverses, nous avons enfin trouvé la cause à nos problèmes de gastro-diarrhée-nausée-maux de ventre qui venaient, partaient et revenaient.... et non, ce n'est pas l'altitude. Elle a eu le dos large! Le médecin nous a trouvés pas mal drôles...
Pour lui, c'était clair assez vite. Des extrangeros qui se pointent avec ce genre de symptômes, une gang de 5 qui s'alternent les symptômes et qui vivent à Oruro en plus...ils ont chipé une bactérie intestinales eux-autres!
- Laquelle monsieur le docteur?
- La salmonelle.

C'est typique ça a l'air. Et commun aussi. Surtout pour les étrangers qui n'ont pas d'anticorps. Il s'est assuré que l'on prenait les précautions de lavage de mains (ah oui?!), de chlorage de fruits et de légumes....(ah, oui? Etes-vous sérieux?!)

On ne sait toujours pas comment on a attrapé ça. Mais il parait qu'ici elle te saute quaisiment dessus. Le doc a insisté: (tradution libre)

-Madame, vous devez cuisiner à la maison. Il y a souvent des problèmes de manipulation dans les restos...

Ahhhrrgg! Nous qui y mangieons en permanence, presque....ça coûte rien. Et puis, cuisiner ici avec des ingrédients nouveaux, difficiles à trouver...tant qu'à manger un semblant-de-bouffe-canadienne-pas-bonne aussi bien manger de la bonne bouffe locale! Mais bon, le doc n'est pas de mon avis.

Vous auriez dû nous voir en train d'essayer de récolter des échantillons de m... de nos enfants dans les toilettes de l'hôpital! On n'a pas attendu 2 minutes en mettant les pieds dans l'hôpital pour rencontrer le doc...mais on a attendu 5 heures pour les 'tits pots des cocos.

Nous voilà donc sous antibio pour 10 jours. Les enfants font ça comme des chefs. Après avoir expliqué à Sacha qu'il y avait une bactérie qui vivait dans son bedon et qu'il fallait la combattre avec les 'tits soldats des médicaments:)

Depuis 2 jours, nous sillonnons les villages de l'altiplano dans notre super Jeep. On essaie d'être plus sur le terrain pour rejoindre davantage les gens. Hier, c'était les entrevues de sages-femmes à Totora, aujourd'hui les visites aux familles utilisatrices. Et demain, on quitte à 6hres pour Curahuara. Au programme: atelier de renforcement de compétences de 2 jours pour les médecins traditionnels et réunion sur l'état de situation avec l'équipe de santé. Toute la famille y est, les enfants raafffolllent des visites au campo!!! (photos à venir bientôt!)


Et demain, le 17, c'est la fête de Pierre-Luc! 30 ans! Et vous savez quoi? Il aura droit à un concert de musique traditionnelle à Curahuara..et aussi à quelques grosse bières Huari sûrement...:)

Hasta pronto!

mercredi 13 janvier 2010

Solidarité Haiti (par Sandra)

De notre lointaine Bolivie, internet nous a informé du terrible séisme qui a touché Haiti hier. C'est difficile de concevoir que le sort s'acharne comme ça sur un peuple qui vit déjà tellement de difficultés. Le CECI (Centre d'études et de coopération internationale, l'organisme avec lequel nous sommes ici comme volontaires) a une équipe postée à Haiti. Ils ont vécu la tragédie et vu les terribles conséquences.

Le CECI organise en ce moment une levée de fonds pour venir en aide à Haiti. D'autres organismes font de même, la Croix-Rouge, Oxfam...


Voici le lien du CECI pour offrir un support financier....même un petit montant fait la différence. La somme de petits dons est subtancielle.


«Les personnes et organismes de la région de Montréal désirant faire un don au CECI pour sa Campagne Urgence-Haïti peuvent nous joindre au 514 875-9911 ou, pour l'extérieur de Montréal, au 1-877-875-2324. On peut également envoyer un chèque au CECI, 3000, rue Omer-Lavallée, Montréal (Québec) H1Y 3R8, portant la mention « CECI - Urgence- Haïti ».

lundi 11 janvier 2010

LECTEURS DE NOTRE BLOGUE: MANIFESTEZ-VOUS! (par Sandra)

Les amis, je vous écris en direct du bureau national du CECI à la Paz. Il est 20hres, j'ai faim, je suis fatiguée...je dors mal depuis 3 jours car Sacha fait de la fièvre et se réveille souvent.
J'imprime des documents pour des réunions super importantes qui auront lieu demain.

Nous sommes dans un bel élan avec le projet. Nous formons une belle équipe avec Jennifer, une étudiante québécoise de l'Université de Toronto qui est conseillère en systématisation pour le projet et Ruth, une bolivienne qui est la chef du projet.

Demain, on rencontre le chef du département de santé familiale et communautaire du ministère de la santé et le vice-ministre de la medecine traditionelle. Wow pour la professionnelle en moi. Deux rencontres importantes pour l'avancement, la consolidation et espérons, un fort appui au projet.

Parlant d'appui. Vous n'êtes pas sans savoir que votre présence en tant que lecteur de notre blogue est une source de motivation pour nous dans la rédaction de notre histoire. Aussi, en tant que coopérants du CECI, nous avons une partie de notre mandat qui consiste en l'engagement du public. Ainsi donc, il est de notre travail de sensibiliser les gens à la coopération internationale, au développement international et à la réalité des pays en voie de développement. On ne fait pas notre blogue que dans cette optique, mais c'est disons que c'est...un impact collatéral positif!

Donc, nous savons qu'il y a beaucoup plus de personnes qui nous lisent que celles qui sont officiellement inscrites comme membres puisque l'on recoit des feedbacks sur nos emails personnels.

Je vous demande une faveur: prenez quelques minutes pour vous inscrire comme membre.

De cette facon, on pourra peut-être détenir le record de personnes sensibilisées par des coopérants! Plus sérieusement, on inscrit le tout dans notre dossier informatisé de volontaire dans la section engagement du public et cela permet au CECI de dire, par année, combien de canadiennes-canadiens ont été sensibilisés de près ou de loin à la coopération internationale. Avec ces chiffres à l'appui, le CECI et l'ACDI peuvent mieux négocier avec le gouvernement fédéral pour les fonds investis pour la coopération internationale... parce que le gouvernement Harper, dont j'aime tellement les idées et les valeurs, a diminué l'aide internationale. Et parmi les motifs invoqués, le fait que les canadiens ne se préoccupent pas tellement de la coopération internationale, qu'ils ne s'y intéressent pas.

Alors, svp, un petit 2 minutes pour s'inscrire comme membre sur le blogue...et vous voilà partie de la sensibilisation auprès du gouvernement fédéral. Un bon deal pour la morale, hein?

samedi 9 janvier 2010

Le coût de la vie (par Sandra)

Nous craignions un peu d’avoir à compter sérieusement nos cennes en Bolivie. On nous avait bien dit que le coût de la vie ici était vraiment bas, mais avec une allocation mensuelle presque 3x moindre que notre salaire mensuel familial du Québec… avec quelques factures québécoises qui continuent malgré notre départ: nos 2 prêts étudiants, l’Hydro de la maison, les taxes municipales, les assurances…

Et, surtout, il faut vivre et manger ici!

Finalement, pour notre plus grand bonheur, nous n’avons jamais été aussi libres dans nos finances!
Et croyez-moi, ça fait du bien!

Je dis ça et je me sens un peu égoïste alors que 91% de la population de notre région de l’altiplano vit sous le seuil de la pauvreté. Il y en a de la pauvreté ici. Dans le centre des villes, il y a pas mal de mendiants. Surtout des personnes âgées et des femmes avec leurs enfants, des femmes autochtones presque exclusivement. Mais il y a aussi beaucoup de débrouillardise. Dans la rue, les habitants développent des façons originales de se faire un peu de sous. Sujet intéressant qui fera l’objet d’un autre article subséquemment… :)
Ainsi donc, le Lonely Planet et les amis avaient raison, le coût de la vie ici est vraiment bas. Le plus bas de l’Amérique du Sud. Je vais même vous donner des exemples!

Ici, la monnaie nationale est le Boliviano. 7 Bolivianos = 1 $ US. Pour simplifier les choses, je vais mettre les prix en $ US. Alors...

- Une course en taxi de la maison au bureau (10 min.) : 55 cents.
- La même course, mais en famille car le prix monte avec le nombre de personnes : 1,20$
- La même ride, mais en micro-bus : 14 cents chacun


- Un litre de lait : 75 cents.
- 5 petits pains baguette pour le petit-dej : 28 cents.
- Un Revello: 28 cents.
- Un excellent milkshake avec des mangues ou des papayes (hum!!): 75 cents

- Une méga-fantaisie de crème glacée comme sur la photo: 4 $


- Un repas complet le midi au meilleur resto végé d’Oruro : 1,30$
- Un repas gargantuesque de viande d’agneau, riz, salade dans un resto réputé : 5,70$. Et pour toute la famille, avec breuvages, pourboire: 20$


- Un chandail chaud en alpaga: 8 $
- Un compte de câble pour le mois : 8 $
- Notre aide-ménagère pour 3 heures de boulot : 7$ (excellent salaire pour ici)
- Autobus La Paz-Oruro (4 hres, autobus voyageurs avec bancs demi-lits): 3,50$ ch.
- Une nuit dans la magnifique suite d’un hôtel 4 étoiles de La Paz, 5 déjeuners inclus : 44 $
- Une soirée de gardiennage par notre proprio: 4,20$
- Un tour de 5 min. pour Sacha dans le petit caroussel du marché: 28 cents.


Le coût de la vie nous permet de nous gâter et de faire des petits extras amusants, qui feront partie de notre grande boîte à souvenirs. On encourage aussi l'économie locale. Pour notre plus grand plaisir, celui des enfants... de même que celui des commerçants d'ici!
SALUD !

mardi 5 janvier 2010

L'ordre et le désordre (par Sandra et Pierre-Luc)

Au Canada, on aime quand tout est structuré.
En Bolivie, on va là où la vie nous mène.




Au Canada, les prix sont indiqués sur tous les produits et sont identiques pour tout le monde.
En Bolivie, les prix sont dans la tête des commerçants et dépendent du temps qu'il fait, de l'humeur du vendeur ou de la couleur de votre peau. On parle et on négocie.




Au Canada, il y a des lignes jaunes sur la route, on fait des stops et on y va chacun son tour.
En Bolivie, il y a beaucoup d'autos, pas de stops mais des klaxons. Le plus audacieux y va.




Au Canada, quand on klaxonne, c'est avec un doigt d'honneur.
En Bolivie, c'est pour avertir que l'on est là. Et toujours avec le sourire.


Au Canada, on fait des files, on attend chacun son tour.
En Bolivie, on fait un motton et on décide que c'est son tour...après avoir pris du temps à comprendre le manège.




Au Canada, on rentre au boulot à 9h et en finit à 17h.
En Bolivie, on rentre autour de 9h00, 9h15, ça dépend des matins et on lunch pendant 2 heures.

Au fait...



Au Canada, on a la montre.
En Bolivie, on a le temps.



mercredi 30 décembre 2009

Les différents marchés de la Bolivie (par Matisse)

Dans la plupart des marchés comme le Mercado Campero, on peut trouver toutes sortes de choses comme des assiettes, des bols, etc. Aussi, il y a un marché des instruments où mon père s`est acheté une guitare. De plus, à côté de chez nous, on a un petit dépanneur où on achète du lait, du pain et des biscuits. Et pour trouver nos fruits et nos légumes, on va à la Plaza Pagador et Maora nous vend ses fruits et Antonia nous vend ses légumes. Ici, magasiner c’est différent!















dimanche 27 décembre 2009

Joyeux Noel et bonne année, du bonheur... et d'la santé?! (par Sandra)

Petit texte, bref mais libérateur.

On en a assez des inconforts gastro-intrestinaux de la vie en sol étranger!!! J'y vais avec des mots doux quand même pour ne pas trop vous... embêter.

Sérieusement, ça ne lâche pas. Pierre-Luc, Matisse et Sacha y sont passés 2 fois depuis notre arrivée...il y a seulement un mois. Moi, une fois, avant-hier... mais une méchante costaude. Il y a juste Daphnée qui s'en sauve pour le moment. Tant qu'il y a de l'espoir....

Déjà que des gastroentérites, c'est pas charmant, je ne sais pas ce qu'elles ont les bactéries et/ou les virus à être si coriaces ici. Ou peut-être que notre corps, qui essaie déjà de conjuguer altitude, nouvelle bouffe et nouvel environnement, a le système immunitaire un brin défaillant. En fait, tous les volontaires ont été malades durant leur 1er mois ici. Sauf que nous à cinq...ça ne fait pas beaucoup de break.

Et oui, on prend toutes toutes les précautions. On lave au chlore nos fruits et légumes, on n'en mange pas des pas cuits au resto, on boit juste de l'eau en bouteille, on se lave les mains à qui-mieux-mieux... je m'ennuie de mes capsules de probiotiques nord-américaines.
Et en plus, on avait prévu aller découvrir le Lac Titicaca durant les Fêtes... on est plutôt à la maison, à regarder la télé, boire des 'tits jus et se relayer aux toilettes.

Comme quoi qu'il y a des côtés plus difficiles à la vie d'expatriés...

jeudi 24 décembre 2009

Le jour des poubelles ou quand sortir les vidanges devient une expérience…sociale! (par Pierre-Luc)


Une drôle de cloche retentit.
- Papa! C’est le temps des poubelles!

C’est bien vrai : cette cloche, qui ressemble étrangement à celle du Père Noël, n’est pas celle qui annonce la venue du gros bonhomme rouge qui, dans son charriot porte son sac de cadeaux sur son dos. Il s’agit plutôt de la cloche qui annonce la venue… des éboueurs, suivants leurs « chariots malodorant » et portant des sacs (de vidanges) sur leurs dos. Un employé précède le camion de plusieurs minutes, cloche à la main, battant la mesure à un rythme régulier.
Alors, comme tous les gens du voisinage, lorsque ladite cloche carillonne, je me rends sur le trottoir et attends sagement l’arrivée des employés de la compagnie de gestion des déchets. Les voisins se saluent donc du regard, certains osent même des « Como estas? » bien sentis. On dépose corbeilles et sacs de poubelle de tous acabits à nos pieds et on patiente ensemble… c’est fou ce que les poubelles rapprochent le monde!
Arrive enfin le camion, escorté par trois employés cagoulés. Mon imagination s’emballe : je crois d’abord qu’il s’agit d’une embuscade, que le camion n’est qu’une astuce et que les hommes masqués vont bientôt sortir leurs armes automatiques et vont commettre le pire des délits. Nous ne sommes heureusement pas dans un film de Chuck Norris. Les hommes se couvrent le visage pour, dit-on, éviter l’opprobre social, comme le font les cireurs de chaussures au centre-ville. Il faut croire que le métier d’éboueur n’a pas encore obtenu, ici, ses lettres de noblesse!
Nous arrivons enfin dans le feu de l’action : alors que le camion roule à bonne vitesse, les plus chanceux se verront saisir leurs poubelles par des employés, alors que les autres devront courir un peu, rattraper le camion et déverser leurs résidus domestiques eux-mêmes à l’arrière du véhicule. Quelques vieilles dames peinent à s’exécuter, les voisins les aident volontiers. Alors que je me considérais chanceux de ne pas avoir eu à courir à la suite du camion, le vidangeur qui vide mes poubelles les balance allègrement au beau milieu de la rue… quatre maisons plus loin! Je dois donc courir à mon tour afin de les récupérer avant que les voitures ne les écrasent. Les voisins retournent tous à leurs portes respectives… on se salue de la main, conscient d’avoir vécu quelque chose d’intense qui nous a soudainement rapprochés… à moins que ce ne soit moi qui s’imagine des expériences uniques là où il n’y a qu’un geste banal et quotidien… On trouve des expériences humaines là où on veut bien en trouver!

La petite famille part dans le mytique campo pour la première fois! (par Daphnée)

Mercredi, 5h du mat.
Maman nous réveille et nous dit que c’est l’heure de partir pour Curahuara. Je savais que nous allions partir tôt, mais quand même!!! En plus, j’avais mal dormi parce que je m’étais craqué le dos la veille… bon, tout ça pour dire que j’étais crevée et un peu raquée… nous nous sommes habillés en vitesse et avons préparé les collations. Ruth, la directrice du projet est venue nous chercher à 6 h avec le Jeep du CECI, un char qui ne passe pas vraiment inaperçu…
C’était parti pour 3h30 de voiture. On était «pogné» sur deux p’tits bancs d’autobus scolaire…Les gars d’un côté et les filles de l’autre! Dieu merci, c’était juste de l’asphalte!

Arrivés là-bas, nous avons rencontré Miriam Rouleau-Perez et sa famille : Miriam et Chavin, avec leurs deux enfants :Leila, 7 ans et Manouk, 10 ans. Miriam était la volontaire qui a créé le projet «Un Aguayo». Elle est restée en Bolivie 2 ans et était revenue en visite. Super famille!
En arrivant, nous sommes allés voir une douche solaire que Miriam et d’autre gens avaient construit .En démarquant de l’auto pour aller voir la douche, ma mère a rencontré…Un Alpaga! Il s’est frotté en gloussant ou en ronronnant, je ne sais pas trop, mais je sais qu’il était content et maman aussi. Moi, j’avais un p’tit peu peur…vous auriez dû voir ses yeux! En plus il montrait les dents, mais tout le monde affirmait qu’il était content, mais je n’étais pas trop sûre…
Ensuite, maman est partie en réunion et nous avons visité Curahuara avec la famille Rouleau-Perez. Nous sommes allés explorer des montagnes où les militaires vont faire de l’escalade. Je ne sais pas comment ils font! Nous avons bu de l’eau qui coulait de la montagne et les gens qui habitent à Curahuara disent que si tu bois de l’eau, tu vas revenir et que tu vas te marier avec un curahuarien ou une curahuarienne…on verra!
Puis tout s’est enchainé : visite de l’église, dîner chez des amis (steak de lama!), visite de l’ancienne maison de la famille et petite balade à la «rivière» du coin. Chavin a pris plus de 140 photos!
C’était vraiment une journée super! Depuis ce petit séjour, chaque fois que Maman va dans les petites municipalités, je lui demande de l’accompagner.
À quand la prochaine fois?

3 ans plus tard, Curahuara de Carangas: là où le projet «Un aguayo» est né (par Sandra)



C’est à Curahuara de Carangas, une petite municipalité andine située à 3 heures et demi de 4x4 d’Oruro, qu’a débuté le projet «Un aguayo para un parto sin riesgo» en 2006. Avec l’aide d’une volontaire québécoise d’Uniterra, Miriam Rouleau-Pérez, les gens de la municipalité ont entrepris de trouver des solutions aux taux élevés de mortalité maternelle et infantile. En effet la région de l’altiplano occupe tristement le 1er rang pour tout l’Amérique du Sud.


À ce moment, seulement 16% des femmes accouchaient en centre de santé. La vaste majorité accouchait dans leurs maisons assistées principalement de leurs maris, de leurs familles, d'une sage-femme…mais le tout avec bien peu de moyens, mais surtout en des lieux très éloignés, rendant difficile une intervention si une complication survenait. L’offre de services dans l’hôpital (accouchements avec table de gynéco munie d’étriers) ne convient pas à ces femmes pour qui les valeurs familiales et traditionnelles sont très importantes.


Vient alors l’ingénieuse idée de partir des besoins de la population pour offrir un service adapté culturellement. La salle d’accouchement interculturelle «wawa yurin uta» est née, une sorte de petite maison de naissance chaude et conviviale avec un matelas épais au sol, une jolie déco traditionnelle, un coin cuisinette et un divan pour la famille qui accompagne la femme en travail. Les femmes qui habitent loin y logent souvent de 3 à 4 jours après la naissance. Une sage-femme traditionnelle a aussi été engagée pour faire partie de l’équipe du centre de santé, une première au pays! Les femmes peuvent maintenant choisir la personne qui les assistera à l’accouchement, de même que le type de chambre de naissance souhaitée. Afin d’augmenter la couverture de soins de santé, le CECI offre un incitatif aux femmes qui, en plus d’avoir donné naissance en compagnie d’un médecin, d’une infirmière ou de la sage-femme, ont effectué au moins 4 visites prénatales, reçu leur vaccination antitétanos et fait le suivi postnatal pour elles et leur bébé. Le paquet cadeau comprend un aguayo (tissu traditionnel qui sert de porte-bébé ici), un petit kit de vêtements de bébé, une serviette, une couverture de flanelle, un savon et de la poudre. En un an, le nombre de femmes accouchant avec un membre de l’équipe de santé est passé de 16% à 84%!

Maintenant, quelques années plus tard….

Une récente étude du CECI a montré que les statistiques sont nettement meilleures à Curahuara que dans les autres municipalités de l’Altiplano où le projet est en phase de démarrage. Beaucoup plus de femmes font un suivi complet, elles ont des connaissances plus approfondies des soins et des signes d’alarme en grossesse, accouchement et postnatal. Et surtout, elles sont satisfaites des soins offerts et de la possibilité de choisir.

Or, l’équipe de direction du centre de santé a changé…et le médecin directeur ne cache pas son désaccord avec le fait que la salle d’accouchement interculturelle est à l’extérieur de l’hôpital et que la sage-femme y pratique normalement seule, quand tout est physiologique. Il aimerait avoir un regard plus direct, en plus de participer aux accouchements, «travailler ensemble»…car, sans surprise, la quasi-totalité des femmes optent pour la salle interculturelle et Dona Gregoria, la sage-femme. L’équipe de santé a donc entrepris, subtilement, d’augmenter sa présence aux accouchements avec la sage-femme, trouvant des moyens pour s’y immiscer… comme en retenant le matériel d’accouchement dans l’hôpital.

Lors de notre rencontre, la sage-femme nous a parlé avec passion de leur projet, de leur petite maison de naissance, de la satisfaction des femmes. Et plus tard, avec le trémolo dans la voix, elle nous a exprimé sa tristesse de se sentir de plus en plus exclue de l’équipe du centre de santé, de plus en plus sur-surveillée dans sa pratique…et ce, malgré des résultats très positifs.

Et voilà, une bonne partie de mon mandat à Curahuara : voir et comprendre ce qui s’est passé et aider à la résolution de cette délicate situation en discutant avec les gens impliqués. Et aussi, voir à éviter à ce que des situations semblables de reproduisent plus tard dans les municipalités qui démarreront le projet Un aguayo dans quelques semaines.

vendredi 18 décembre 2009

Fiesta de Noel á la Paz (par Sandra)

NOUVELLES PHOTOS!
Noel pour nous se passe ici, avec nos amis coopérants et nos collègues du CECI.
Nous sommes arrivés mercredi soir après 3 heures de voiture. Notre ami Michel, le potographe, nous a conseillé un hotel coquet, nouveau, confo, à 2 pas du Prado...la place "in" á la Paz. On a donc profité de notre journée d'hier pour découvrir le centre-ville: il y a du monde (pis des chars!) ici!! Une ville toute en côtes, entourée de montagnes, envahie par les minibus et les taxis! On a passé notre après-midi á flaner dans le marché des artisans. Wow, quelle beauté! Pleins de couleurs, de beaux tissus colorés, des gens agréables à jaser... J'aurais pu y passer des jours! En fait, on y retourne demain!




On en a profité pour faire de nous des vrais canadiens et aller déguster de bons cafés de qualité...hum, honnêtement, ca nous manquait un peu;)

Puis, hier soir, la fête de Noel au bureau du CECI. Avec tous les coopérants, d'Oruro et de la Paz. C'est bon de se revoir, de jaser de comment on va et de parler francais!




Le Père-Noël est même venu nous voir!! Il a fait un grand chemin, hein? Les cocos ont recu des beaux cadeaux made in Bolivia, les adultes ont fait un échange de cadeaux.













Matisse a soudainement commencé à faire de la fièvre avec un mal de tête carabiné...Et mautadit, il est le 3e à tomber après PL et Sacha. L'adaptation... Ce matin, il est mieux. Les advils aident, aussi.
Ce matin, je suis au bureau du CECI, j'en profite pour venir cueillir des documents d'archives sur le projet. Ensuite, je vais un peu magasiner avec Jennifer...ici, c'est la bonne place pour acheter les petits cadeaux de Noel des cocos!

samedi 12 décembre 2009

Un samedi matin sous un soleil de plomb! (par Pierre-Luc)


Le lever se faisait tôt ce matin. (Bon, tôt… 9 heures. Mais il faut dire qu’avec la fièvre de Sacha lors des derniers jours, les heures de sommeil sont précieuses, elles se comptent sur les doigts d’une main.) Allez, on s’en va pelleter. Non, il n’y a pas de neige ici. Il fait même très chaud si près du soleil. En fait, c’est qu’une autre coopérante, Marianne, est ici afin de travailler avec un groupe de jeunes qui s’impliquent en environnement. Alors aujourd’hui nous sommes allées, Daphnée et moi, pelleter des ordures!
Un peu naïvement, je m’attendais à ramasser quelques bouteilles de plastique sur le bord d’une rue d’Oruro. Finalement, on débarque sur un terrain vague, dans le nord de la ville : « Un dépotoir! On va nettoyer un dépotoir?!! » En fait il ne s’agissait pas d’un dépotoir « officiel », mais bon nombre de détritus jonchaient le sol sans espoir d’être un jour ramassés. Qu’à cela ne tienne, nous étions bientôt 60, munis de gants et de masques chirurgicaux prêts à relever le défi.
Après quelques minutes d’optimisme, l’ampleur de la tâche me saute aux yeux : j’ai l’impression de creuser une montagne avec une fourchette, en plus, ça pue et parfois… ça grouille! Le plus étrange, c’est que j’ai parfois l’impression d’être dans mon patelin; en effet, quelques effluves me rappellent… l’EXPO de Trois-Rivières. Comme quoi on est jamais très loin de chez soi.
Finalement, avec les nombreux bénévoles, quelques employés de la compagnie de gestion des déchets et quelques habitants du quartier, on finit par voir la lumière au bout du tunnel : L’endroit est (presque) parfait, c’est propre! Disons que le travail en valait la peine, malgré que maintenant, je me sens un peu comme un employé des manèges de Beauce Carnaval : moi aussi je sens l’EXPO de Trois-Rivières!

jeudi 10 décembre 2009

En route vers notre nouvelle maison! (par Pierre-Luc)


Après quelques jours passés dans un hôtel de La Paz, nous quittons enfin pour notre ville d’accueil : Oruro. Enfin, parce que vivre dans des valises, sans trop savoir où se trouve telle ou telle chose, c’est compliqué :

-Chéri, as-tu vu ma brosse?
-Euh! Oui, j’ai vu ça quelque part… c’est dans l’une des 21 valises!!



Alors, pendant que notre ami Don Domingo remplit la Jeep de nos nombreuses valises (en fait, il les attache sur le toit), on prend un petit souper rapide dans un restau suisse et hop! À nous la grande route… 3 heures à faire.

On sort d’abord du trou qu’est la capitale, la vue est imprenable, à couper le souffle. On quitte peu à peu El Alto et, en même temps, la végétation qui se fait de plus en plus rare. Bientôt, il n’y a plus que les herbes courtes qui recouvrent les collines. On oublie presque qu’on est à 3 800 mètres d’altitude tellement le terrain est « plus plat » (plat étant relatif!)

Quelques postes de péage, un détour par les chemins de boue alors qu’on suit patiemment un camion-citerne qui semble refuser catégoriquement (à cause de son orgueil !?) de nous céder le passage. Un orage impressionnant nous souhaite alors la bienvenue. (C’est vrai, on est presque dans le ciel alors c’est normal qu’on ait l’impression que les éclairs vont nous heurter à tout moment.)

Nous arrivons finalement, une heure plus tard que prévu. On se dirige vers la Plaza où se trouve le restau où l’on va souper. La surprise est générale : malgré la noirceur de la nuit, on découvre une ville accueillante avec une superbe place centrale, des arbres, des plantes (nous qui pensions ne voir que du lichen pendant la prochaine année!), on s’attendait à bien pire. Ça grouille de vie! Dire que le voisin de Sandra, dans l’avion, lui avait tenu ces propos en espagnol (mais je traduits pour vous):

- Oh! Super, vous allez habiter en Bolivie pour un an! À quel endroit allez-vous vivre?
-À Oruro.
-Oh! Désolé… (long silence)Qu’allez vous y faire?
-Je vais travailler en coopération internationale afin d’améliorer l'accès aux services de santé pour les femmes enceintes et leurs jeunes enfants vu le haut taux de mortalité maternelle et infantile.
-Ah! Dans ce cas, MERCI!

mercredi 9 décembre 2009

Cap sur Huayllamarca (par Sandra)

Trajet entre Oruro et Huayllamarca, une des 5 municipalités de notre projet: 2 hres 30 de route dont 80% en terre rocheuse et 10% de détours.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le voyage est des plus agréables. Des paysages à couper le souffle: des montagnes couvertes de graminés, de toundra ou de cactus, les nuages juste au-dessus de notre tête, n'oublions pas que nous sommes à 3800m d'altitude. J'ai vu mon premier flamant rose ailleurs que dans un zoo, mon premier barrage de lamas. Il y a aussi les petites maison en banco isolées...qui semblent au milieu de nulle part, des femmes qui marchent sur la route qui s'éternise, des enfants seuls à vélo, les minis-villages qui surgissent sans qu'on s'y attende. Mes yeux avaient tout pour être occupés.

Ah oui, j'ai oublié de dire qu'on amenait avec nous une chica interne en médecine, assise sur le banc dans l'arrière du Jeep. Au passage, on a agrandit la familia avec deux femmes et leurs enfants respectifs qui se rendaient à notre atelier mais qui habitaient ±30 minutes de voiture de Huayllamarca. Elles ont eu de la chance. Certaines ont marché entre 3 et 6 heures pour s'y rendre. Comme quoi, la vie dans le campo est belle à voir, sans doute belle à vivre, mais certainement pas facile.


Sur la photo, on voit un des nombreux barrages de pierres. Détour dans le village oblige. Encore d'autres trouvailles... :)