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Merci à vous tous amis lecteurs de notre blogue!

Vous nous avez solidairement accompagnés tout au long de cette merveilleuse aventure bolivienne. Rapatriés au Québec à la mi-aout 2010, nos problèmes de santé ayant eu raison de notre grande volonté, nous continuons à recevoir des commentaires de gens venus lire nos écrits. Merci!

A chacun d'entre vous, nous vous souhaitons que la santé soit au rendez-vous. Osez mettre en oeuvre les étapes menant à la réalisation de vos rêves... Vous savez, ces projets qui vous habitent au plus profond de votre coeur. Comme ce fut le cas pour nous avec notre vie en bolivie.

jeudi 25 février 2010

Le projet Aguayo : où on en est maintenant. (par Sandra)

Je suis ici depuis 3 mois maintenant. Chaque mois, Ruth, Jen et moi, ont fait le point sur l'avancement du projet dans chacune des 5 municipalités. Il y a beaucoup d'informations à collecter, on revoit nos plans de travail, on planifie nos activités pour le prochain mois. Le projet est vaste, nous travaillons ensemble, mais on a quand même chacune nos mandats.

Un résumé du mien:

- appuyer l'implantation d'une équipe interculturelle (médecins + médecins traditionnels/sage-femme) et d'une salle d'accouchement interculturelle dans chacune des municipalités.

- Renforcement des capacités via des ateliers et des "intercambios" pour les équipes médicales, les sages-femmes, les médecins traditionnels et les techniciens municipaux.

- Évaluer et renforcer les rôles et les responsabilités des techniciens municipiaux responsables du projet Un Aguayo.

À Curahuara de Carangas: nous avons inauguré la nouvelle maison de naissance ce mardi en compagnie de la délégation canadienne, la municipalité, le conseil municipal, les autorités originales, la Mancomunidad Aymaras sin fronteras, le groupe de mamans de Curahuara, l'association des md traditionnels et l'équipe de santé de l'hopital. (photos à venir sous peu)

Dans les autres municipalités, soit Corque, Belen de Andamarca, Huayllamarca et Totora, les salles d'accouchements interculturelles (à l'extérieur de l'hopital ou dans l'hopital mais avec une entrée indépendante) sont en construction et devraient être terminées en mars. Auparavant, l'équipe du projet a réalisé une étude sur les besoins de femmes de chacune des communautés. Les femmes veulent un lieu qui ressemble à leur maison, un lieu chaud, accueillant, avec une entrée indépendante, de la place pour leur famille, une cuisine et un matelas au sol pour y accoucher. Elles veulent pouvoir choisir l'intervenant qui les assistera, soit la sage-femme ou le médecin. Nous motivons donc les troupes de contractants, on voit à ce que les plans respectent les besoins des femmes (sinon, on fait des lettres et des tonnes de représentations!), on achète du matériel.



Nous sommes en plein processus de recrutement de sages-femmes traditionnelles. À Curahuara, Totora et Belen de Andamarca, les entrevues ont été réalisées avec les familles et les sages-femmes. Une sage-femme par municipalité a été engagée. Reste les entrevues à Corque. Mais on a de la difficulté à rejoindre le md directeur pour planifier notre visite. Difficile ici les communications. À Huayllamarca, pas de sage-femme traditionnelle... l'équipe de santé a donc opté pour se former à la vision humanisée et interculturelle.


Nous avons amorcé à dans toutes les municipalités, sauf Corque, une série de 6 ateliers de renforcement de compétences pour les médecins traditionnels. Selon la nouvelle politique de ssanté interculturelle d'Évo Morales, chaque centre de santé devrait compter une sage-femme traditionnelle et un md traditionnel. L'idée est géniale et innovatrice, mais par contre, la façon de faire n'est pas établie quant à la rémunération (rien n'est prévu en ce moment... c'est du cas par cas!), l'intégration, la formation...

Donc, suite aux 6 ateliers, nous appuierons les groupes de md traditionnels dans leur processus de reconnaissance auprès du département de santé d'Oruro. Nous sommes donc à réaliser des listes de md traditionnels, faciliter la création d'associations.





Un nouveau problème (de taille) vient de se pointer le bout du nez: nos animateurs, l'ancien vice-ministre de la md tradicionale et une nutritionniste andine, viennent de nous larguer après s'être décommandés 3 fois lors des 4 derniers ateliers prévus!! C'est vraiment dommage, car Don Savino, l'ancien vice-ministre, est vraiment un excellent animateur et a des connaissances très solides. Mais il n'était pas motivé, pas fiable plus qu'il faut, car il souhaitait une rétribution financière plus grande... Alors là, on a 3 fins de semaine consécutives de programmées pour ces ateliers...mais on n'a plus d'animateurs!!! On est en ce moment en recherche active.


Je vais proposer au cours du prochain mois une reformulation pour les technicien-nes municipaux du projet. En ce moment, une personne qui travaille à la municipalité est responsable du projet pour sa région. Nous offrons une rétribution financière. Par contre, ces gens sont déjà très occupés avec leur travail à la municipalité, ils n'ont pas de temps à mettre sur le projet et plusieurs s'y connaissent peu en santé et peut-être même qu'ils ne s'y intéressent pas tellement non plus. En fait, ça ne fonctionne pas du tout. Et selon moi et le reste de l'équipe, nous avons absolument besoin d'un responsable sur place en tout temps, qui peut suivre l'avancement (ou non) du projet, motiver les gens, rester connecter avec les familles de la communauté. Pour nous qui voyageons quelques jours par mois dans les communautés, c'est impossible d'arriver à être aussi efficaces, sur les suivis notamment. On se réunit, la municipalité ou l'équipe de santé dit qu'ils feront ci ou ça...mais comment assurer le suivi? Quand en plus, les communications sont peu efficaces??? Pas d'internet et des lignes de cellulaires qui lâchent tout le temps...et ça, c'est quand il y en a!

Alors, voilà où on en est en ce moment. Il y a une 6e municipalité qui fait son entrée dans le prochain ce mois-ci, Santiago de Callapa. On ne chôme pas ici!!!



samedi 20 février 2010

J'ai rêvé d'un Rona... (par Sandra)

Je reviens de 8 jours de travail-de-jus-de-bras à Curahuara de Carangas où nous avons, ma collègue Jen et moi, donné de notre coeur et de nos muscles pour rénover une partie de l'ancien hôpital afin d'y déménager la «Wawa yurin uta». Pour plus d'espace et plus de commodités, dont une salle de bain. Ce qui, avouons, est quand même un ajout intéressant.

Mais tout ce beau travail est la somme de multiples aventures plus abracadabrantes les unes que les autres. Car faire de la réno sans un Rona, dans un village qui se trouve à 3 heures de ce qui peut porter le nom de ville, c'est un moyen casse-tête. Certes, il y a quelques patenteux qui peuvent vous fournir des trucs manquants... mais vous aurez franchement besoin d'activer votre système D et votre patience. L'efficacité est un concept, ici, plutôt relatif!



Avant de nous aventurer pour une semaine à Curahuara, nous avons arpenté pendant 3 jours les rues de Oruro afin d'acheter ce qui se trouvait sur notre 'tite liste rédigée par le contracteur. Vous auriez dû voir ça! 2 'tites «gringas» qui fouillent les magasins d'outils (qui ressemblent plus à des dépanneurs qu'à des magasins) en cherchant des cossins de construction, en espagnol, sans vraiment comprendre ce qu'elles cherchent. De toute beauté!




«Una barra en T por el entragaluz (quelle grandeur?! quelle largeur?! J'en sais rien , moi!!)... un tuyau de PVC de 3 po avec un coude au 45° (hein?!)»

La vie est remplie d'occasions d'apprentissage. Là, vraiment, je me sens plus cultivée!

Nous voilà donc à Curahuara après avoir organisé le stock sur notre pick-up et surveillé le tout au fil des 3 heures et demie qu'à duré le voyage. Le contracteur étant absent et introuvable à notre arrivée, nous avons nous-même déchargé notre cargaison de peinture, de bois de plancher, de stuco et de ciment. Aidée de la sage-femme et de l'employée d'entretien...et de deux enfants!


Puis, pendant 8 jours, le jour de la marmotte...du grattage de peinture, du sablage , du peinturage, du lavage...et aussi des rires, du lama, du poulet et des 'tits jus en sac, de la musique tinku, des courses au matériel manquant... et surtout, de la débrouillardise!!
Vous n'avez pas de ciseaux pour couper vos semblants-de-plats-tupperware pour faire votre découpage? Pas grave! Utilisez une scie pour couper vos 2 litres de plastique.


Vous n'avez pas d'échelle digne de ce nom pour peinturer le haut des murs? Pas grave! Montez sur un genre d'échafaud de fortune, fait en bois qui grince et qui shake en priant pour qu'il ne cède pas sous votre poids. Une chance que vous avez perdu 10 lbs depuis votre séjour en Bolivie.



Votre contracteur coupe le trou beaucoup trop grand pour le skylight que vous avez acheté? Pas grave! Il refera la partie manquante du plafond. Mais, le gyproc ne se trouve pas à Oruro? Pas grave! Il refera le plafond avec de la cage à poule, de la paille et de la poudre de craie.



Vous désirez laver le plancher mais il n'y a pas de moppe? Pas grave! Sacrifiez votre chandail qui sera attaché au bout d'un bâton. En fait, ne croyez pas que c'est typique de la campagne, tout le monde fait ça ici en Bolivie.

Vous n'avez pas assez de pinceaux pour réaliser votre jolie murale extérieure car, heureusement, beaucoup de femmes de la communauté y participent? Pas grave! Retrouvez votre coeur d'enfant et faites de la peinture à doigt.



Vous désirez écouter de la musique locale mais votre fil de radio n'a pas de fiche? Pas grave! Entrez le fil dans la prise afin qu'il ressorte de l'autre côté, gossez un peu le tout (honnêtement, je n'ai pas retenu la manoeuvre). Et si le fil pend, rendant votre structure vacillante, posez un marteau sur un amas de parquet, en dessous du fil. Vous verrez, ça fonctionne!


Jen et moi sommes pas mal fières du travail accompli. Merci à ma petite famille venue nous aider durant le week-end avec beaucoup de coeur et d'ardeur. Plusieurs femmes sont venues visiter et sont enchantées de ce nouveau lieu, plus commode, qui sera leur nouvelle maison de naissance. Reste à terminer des petits détails (on repart à Curahuara demain)... et des dizaines de petits bébés pourront naître dans ce lieu humain, chaleureux, pratique...dans lequel il y aura un peu de nous.





samedi 13 février 2010

Viva el Carnaval !!! (par Sandra)





Aujourd'hui, notre initiation au Carnaval d'Oruro!
Cette légende bolivienne, cet amalgame de traditions ancestrales racontant l'histoire de la région au rythme des danses endiablées.
Fabuleux!
Quelle expérience! On se trouve pas mal chanceux d'être ici!
On a eu du fuuuunn pur, les amis!
Voici des photos de notre journée.
Et qui dit Carnaval, dit bataille de globos (ballounes d'eau) et d'espuma (genre de crème à barbe en spray)...
...hoooouuuua! Quel bonheur pour nos coeurs d'enfants!




Et ça continue non-stop jusqu'à demain dimanche dans la nuit!
Mais nous, en tant que personnes hautement sages, avons pris la nuit de break...:)
Et puis, forts de notre première expérience carnavalesque, en prévision de notre 2e journée demain, nous nous sommes procurés des supers-punchos-protèges-globos!




vendredi 12 février 2010

Chronique du Carnaval d'Oruro


Ça y est. Ce que les « orurenos » attendent impatiemment depuis la fin du carnaval 2009 arrive enfin : le carnaval 2010. Véritable fierté bolivienne, ce carnaval se targue d’être mieux que celui de Rio de Janeiro. Évidemment, il est moins connu, on n’a qu’à regarder la carte de l’Amérique du Sud pour comprendre la place que prend le Brésil dans l’imaginaire (et la réalité) latine.

Les écoles ne sont pas sitôt ouvertes (depuis 7 jours) que déjà, une semaine de congé se pointe le bout du nez. Et pour cause, il faut bien trois jours pour se préparer au Carnaval et deux afin de s’en remettre.

Ainsi, les préparatifs vont bon train : la floraison atteint son apogée, la ville se fait belle, les estrades géantes envahissent les rues. Les milliers de personnes qui y paraderont en dansant ou en jouant de la musique en sont à leurs dernières répétitions. Depuis des mois d’ailleurs, ils arpentent les rues chaque dimanche afin de peaufiner le tout sous les yeux attentifs et les lèvres souriantes des passants. Ici, tout le monde participe de près ou de loin au Carnaval. Tout groupe qui se respecte (jeunes et moins jeunes) paradera, dansera, jouera de la musique, ce qui me laisse penser que la parade du Carnaval de Québec pourra aller se rhabiller : ici, le Carnaval est un événement social, politique et tout le monde en fait sa fierté. Rien à voir avec la passivité des québécois (et j’en suis) qui semblent dire : « Allez, y fait frette, divertissez-moi, j’ai payé de mes impôts!»
Et pendant que les propriétaires d’estrades s’acharnent sur leur « vache à lait », les jeunes, eux, s’acharnent depuis maintenant près de 2 semaines à faire la guerre. Eh oui! Balounes d’eau et fusils de tout acabit emplissent les mains des jeunes et moins jeunes. Il est difficile de marcher au centre de la ville sans recevoir ces obus. D’ailleurs, les jeunes portent tous des vêtements à moitié mouillés qui témoignent des combats ayant déjà eu lieu. Les plus peureux portent des ponchos imperméables, ce qui n’est pas sans leur attirer d’avantage de projectiles. Alors que chez nous les victimes auraient tôt fait de dénoncer leur « agresseur », ici les gens, même les adultes, se contentent de sourire en regardant leurs vêtements trempés. C’est à croire qu’ils se remémorent ainsi les Carnavals de leur jeunesse. Parce que si le Carnaval, même à quelques jours de son lancement, laisse des traces sur les vêtements des passants, on devine aux yeux pétillants de ceux qui nous en parlent, que le Carnaval laisse aussi des traces dans l’âme de ceux qui le font vivre année après année.

vendredi 5 février 2010

La rentrée scolaire comme si vous y étiez! (par Pierre-Luc)




Ça y est, les enfants ont commencé l'école! Il sont donc entrés au Collège Anglo-Américano lundi dernier avec leur uniforme sur le dos et des papillons dans l'estomac! L'accueil solennel que vous pourrez voir sur le vidéo joint (si vous avez la patience de le regarder au complet!) n'avait rien pour rassurer les cocos: hymne national bolivien, hymne du collège et levé du drapeau bolivien... le tout dans l'ambiance décontracté d'un camp militaire! Rien à voir avec les débuts d'année scolaire au Québec où les professeurs chantent, sont déguisés et les élèves participent à diverses activités!


Qu'à cela ne tienne, dès les premières heures de cours, les enfants avaient déjà de nombreux amis. Ils attiraient, du même coup, la convoitise de leurs nouveaux compagnons de classe grâce à leur chevelure blonde et leurs yeux bleus!


Gageons que les adieux seront difficiles....


mardi 26 janvier 2010

Guide de survie à 3 800 mètres d'altitude (par Pierre-Luc, photo de Terry Sebastien)


Bravo! Vous vous apprêtez à vous envoler pour la Bolivie. Voici donc quelques petits trucs afin que votre séjour soit des plus agréables.

- Dès votre sortie de l'avion, vous risquez de ressertir un ou des symptômes parmi les suivants: Nausée, vomissements, étourdissements, saignement de nez, fatigue extrême... Aussi, la médication pré-départ peut être une solution envisageable afin de diminuer les symptômes liés à l'altitude.

- Prévoyer un peu de temps afin de faire une pause à la clinique médicale de l'aéroport: des bonbones d'oxygène sont mises à votre disposition.

-Ensuite débute la descente vertigineuse vers La Paz. Même si cette randonnée en taxi propose un panorama à couper le souffle, vous n'y verrez rien.... aussi prévoyez un sac puisqu'il se peut qu'il recueille le contenu de votre estomac.

-Durant les premières journées, le moindre effort physique vous semblera colossal: par exemple, monter quelques marches nécécessitera une pause afin de vous remettre de vos émotions "fortes". De plus, après l'effort (parfois bien après) vous aurez souvent l'impression que vous sortez la tête de l'eau et que vous respirez pour la première fois.

-Vos nuits seront difficiles. Pour une raison que l'on ignore, les nuits en altitude sont moins réparatrices: prévoyez descendre de quelque 1000 mètres le temps d'un week-end, votre corps vous dira merci!

-Vous n'aurez jamais vu le soleil d'aussi près. Aussi, rappelez-vous que vous n'êtes pas bolivien: votre 'tite peau blanche ne vous laissera aucune chance: prévoyez de la crême solaire en quantité industrielle.

-Plus près du soleil veut aussi dire chaleur accablante (par moment). Mais attention, dès que vous croiserez un coin d'ombre, que des nuages se pointeront, assurez-vous d'avoir avec vous un bon manteau. Pour les soirées, prévoyez une tuque, des mitaines et un foulard. Un sleeping -20 ou -30 est essentiel surtout qu'ici, les maisons ne sont pas chauffées... ni isolées!

-Prévoyez aussi beaucoup de beaume à lèvres, on reconnaît les nord-américains qui viennent tout juste d'arriver à leurs lèvres gercées; la sécheresse atteindra aussi votre bouche (surtout durant la nuit) et votre nez! Apès quelques semaines, la situation devrait se rétablir par elle-même.

-L'altitude influence également les aliments: la pression fait "bomber" les contenants. Aussi, méfiez-vous en, ils vont assurément déborder à l'ouverture... et se retrouver sur votre nez!

-Finalement, en campagne, il est parfois nécessaire de faire ses besoins au pied d'un arbre. Puisque l'altitude influence aussi la végétation, sachez que l'expression "au pied d'un arbre" prend un nouveau sens puique les arbres mesurent... un pied!

Voilà, vous êtes maintenant prêts.

Bon voyage!





dimanche 24 janvier 2010

Cherche et trouve (par Pierre-Luc et Sandra)


Dimanche après-midi. Luxueux hotel Eden du centre-ville d'Oruro qui d'ailleurs détonne passablement dans le paysage. Au programme: piscine chauffée, spa et milkshakes aux fraises. Toute la famille s'en donne à coeur joie. Surtout que l'endroit est presque désert, hormis cet homme bolivien qui marche dans la piscine à pas de tortue, de long en large, en fixant le fond de la piscine.


-Maman, qu'est-ce qu'il fait le monsieur? demande Daphnée, intriguée.

- Je ne le sais pas...peut-être qu'il médite? Peut-être qu'il compte les carreaux de céramique au fond de la piscine?

-Il cherche peut-être des cennes noires?? rajouta Pierre-Luc, toujours aussi comique.


On joue au ballon, on fait le dauphin et quelques longueurs. On s'amuse et on relaxe.


Soudain, Pierre-Luc met le pied sur quelque chose. Une roche? La fameuse cenne noire? Pierre-Luc comprend alors. L'homme cherchait sûrement quelque chose. Qu'est-ce? Une bague? Pierre-Luc utilise la même technique que l'homme bolivien et scrute le fond de la piscine. Rien.


Après quelques minutes de recherche, il remet finalement le pied sur l'objet convoité. Il le saisit entre ses grands orteils afin de le remonter à la surface.


Surprise! Ce n'est pas une bague! Il s'agit plutôt... d'une incisive artificielle raboutée à un bout de gencive tout aussi artificiel!!!


Est-ce vraiment ce que l'homme cherche? se questionne Pierre-Luc. Vais-je vraiment lui demander : «est-ce votre dent, monsieur?!»


Devant le regard interrogateur de Pierre-Luc qui fixe sa main, ahuri, l'homme s'avance et découvre l'objet de ses recherches.


«Ahhh! Graciassss!» dit-il, souriant de toutes ses dents (sauf une!). Il fait une accolade à Pierre-Luc et sans attendre, remet sa dent à son emplacement d'origine.


«No esta facil buscar en todo esta grande piscina!» («ce n'est pas facile de chercher dans cette grande piscine!») s'exclama t-il, en souriant de toutes ses dents...cette fois-ci!

jeudi 21 janvier 2010

Vidéo de présentation du projet «Un Aguayo...», réalisé par Pierre-Luc







http://www.youtube.com/watch?v=tryAoOxwCpE (cliquez sur ce lien)

Chers lecteurs de notre blogue, famille, amis, collègues et autres gens inconnus,


c'est avec un IMMENSE plaisir que nous vous présentons notre projet des dernières semaines. Pierre-Luc a réuni tout son coeur et son talent afin de réaliser un documentaire décrivant le projet de coopération canadienne sur lequel on travaille ici en Bolivie.

À l'origine, ce documentaire était destiné aux élèves de Pierre-Luc de l'École Juvénat Notre-Dame à St-Romuald afin de les sensibiliser à la réalité des pays en voie de développement dans le cadre d'une semaine thématique organisée sur ce sujet.

Nous avons finalement profité de l'occasion pour produire un vidéo pouvant s'adresser à toute personne désirant en savoir plus sur le projet «Un Aguayo», ses origines, ses fondements et ses avancées. Nous croyons que les images, les visages, les sons vous permettront de mieux vivre avec nous les émotions boliviennes de l'Altiplano.


Un sincère merci à toutes les femmes et familles, enfants, lamas, villageois, sages-femmes, membres des équipes de santé qui ont aimablement accepté de partager leur quotidien avec nous...et avec vous.

Bon visionnement...et bonne réflexion!



samedi 16 janvier 2010

La 'tite nature des étrangers! (par Sandra et Pierre-Luc)

Après 5 semaines de tergiversation et d'hypothèses diverses, nous avons enfin trouvé la cause à nos problèmes de gastro-diarrhée-nausée-maux de ventre qui venaient, partaient et revenaient.... et non, ce n'est pas l'altitude. Elle a eu le dos large! Le médecin nous a trouvés pas mal drôles...
Pour lui, c'était clair assez vite. Des extrangeros qui se pointent avec ce genre de symptômes, une gang de 5 qui s'alternent les symptômes et qui vivent à Oruro en plus...ils ont chipé une bactérie intestinales eux-autres!
- Laquelle monsieur le docteur?
- La salmonelle.

C'est typique ça a l'air. Et commun aussi. Surtout pour les étrangers qui n'ont pas d'anticorps. Il s'est assuré que l'on prenait les précautions de lavage de mains (ah oui?!), de chlorage de fruits et de légumes....(ah, oui? Etes-vous sérieux?!)

On ne sait toujours pas comment on a attrapé ça. Mais il parait qu'ici elle te saute quaisiment dessus. Le doc a insisté: (tradution libre)

-Madame, vous devez cuisiner à la maison. Il y a souvent des problèmes de manipulation dans les restos...

Ahhhrrgg! Nous qui y mangieons en permanence, presque....ça coûte rien. Et puis, cuisiner ici avec des ingrédients nouveaux, difficiles à trouver...tant qu'à manger un semblant-de-bouffe-canadienne-pas-bonne aussi bien manger de la bonne bouffe locale! Mais bon, le doc n'est pas de mon avis.

Vous auriez dû nous voir en train d'essayer de récolter des échantillons de m... de nos enfants dans les toilettes de l'hôpital! On n'a pas attendu 2 minutes en mettant les pieds dans l'hôpital pour rencontrer le doc...mais on a attendu 5 heures pour les 'tits pots des cocos.

Nous voilà donc sous antibio pour 10 jours. Les enfants font ça comme des chefs. Après avoir expliqué à Sacha qu'il y avait une bactérie qui vivait dans son bedon et qu'il fallait la combattre avec les 'tits soldats des médicaments:)

Depuis 2 jours, nous sillonnons les villages de l'altiplano dans notre super Jeep. On essaie d'être plus sur le terrain pour rejoindre davantage les gens. Hier, c'était les entrevues de sages-femmes à Totora, aujourd'hui les visites aux familles utilisatrices. Et demain, on quitte à 6hres pour Curahuara. Au programme: atelier de renforcement de compétences de 2 jours pour les médecins traditionnels et réunion sur l'état de situation avec l'équipe de santé. Toute la famille y est, les enfants raafffolllent des visites au campo!!! (photos à venir bientôt!)


Et demain, le 17, c'est la fête de Pierre-Luc! 30 ans! Et vous savez quoi? Il aura droit à un concert de musique traditionnelle à Curahuara..et aussi à quelques grosse bières Huari sûrement...:)

Hasta pronto!

mercredi 13 janvier 2010

Solidarité Haiti (par Sandra)

De notre lointaine Bolivie, internet nous a informé du terrible séisme qui a touché Haiti hier. C'est difficile de concevoir que le sort s'acharne comme ça sur un peuple qui vit déjà tellement de difficultés. Le CECI (Centre d'études et de coopération internationale, l'organisme avec lequel nous sommes ici comme volontaires) a une équipe postée à Haiti. Ils ont vécu la tragédie et vu les terribles conséquences.

Le CECI organise en ce moment une levée de fonds pour venir en aide à Haiti. D'autres organismes font de même, la Croix-Rouge, Oxfam...


Voici le lien du CECI pour offrir un support financier....même un petit montant fait la différence. La somme de petits dons est subtancielle.


«Les personnes et organismes de la région de Montréal désirant faire un don au CECI pour sa Campagne Urgence-Haïti peuvent nous joindre au 514 875-9911 ou, pour l'extérieur de Montréal, au 1-877-875-2324. On peut également envoyer un chèque au CECI, 3000, rue Omer-Lavallée, Montréal (Québec) H1Y 3R8, portant la mention « CECI - Urgence- Haïti ».

lundi 11 janvier 2010

LECTEURS DE NOTRE BLOGUE: MANIFESTEZ-VOUS! (par Sandra)

Les amis, je vous écris en direct du bureau national du CECI à la Paz. Il est 20hres, j'ai faim, je suis fatiguée...je dors mal depuis 3 jours car Sacha fait de la fièvre et se réveille souvent.
J'imprime des documents pour des réunions super importantes qui auront lieu demain.

Nous sommes dans un bel élan avec le projet. Nous formons une belle équipe avec Jennifer, une étudiante québécoise de l'Université de Toronto qui est conseillère en systématisation pour le projet et Ruth, une bolivienne qui est la chef du projet.

Demain, on rencontre le chef du département de santé familiale et communautaire du ministère de la santé et le vice-ministre de la medecine traditionelle. Wow pour la professionnelle en moi. Deux rencontres importantes pour l'avancement, la consolidation et espérons, un fort appui au projet.

Parlant d'appui. Vous n'êtes pas sans savoir que votre présence en tant que lecteur de notre blogue est une source de motivation pour nous dans la rédaction de notre histoire. Aussi, en tant que coopérants du CECI, nous avons une partie de notre mandat qui consiste en l'engagement du public. Ainsi donc, il est de notre travail de sensibiliser les gens à la coopération internationale, au développement international et à la réalité des pays en voie de développement. On ne fait pas notre blogue que dans cette optique, mais c'est disons que c'est...un impact collatéral positif!

Donc, nous savons qu'il y a beaucoup plus de personnes qui nous lisent que celles qui sont officiellement inscrites comme membres puisque l'on recoit des feedbacks sur nos emails personnels.

Je vous demande une faveur: prenez quelques minutes pour vous inscrire comme membre.

De cette facon, on pourra peut-être détenir le record de personnes sensibilisées par des coopérants! Plus sérieusement, on inscrit le tout dans notre dossier informatisé de volontaire dans la section engagement du public et cela permet au CECI de dire, par année, combien de canadiennes-canadiens ont été sensibilisés de près ou de loin à la coopération internationale. Avec ces chiffres à l'appui, le CECI et l'ACDI peuvent mieux négocier avec le gouvernement fédéral pour les fonds investis pour la coopération internationale... parce que le gouvernement Harper, dont j'aime tellement les idées et les valeurs, a diminué l'aide internationale. Et parmi les motifs invoqués, le fait que les canadiens ne se préoccupent pas tellement de la coopération internationale, qu'ils ne s'y intéressent pas.

Alors, svp, un petit 2 minutes pour s'inscrire comme membre sur le blogue...et vous voilà partie de la sensibilisation auprès du gouvernement fédéral. Un bon deal pour la morale, hein?

samedi 9 janvier 2010

Le coût de la vie (par Sandra)

Nous craignions un peu d’avoir à compter sérieusement nos cennes en Bolivie. On nous avait bien dit que le coût de la vie ici était vraiment bas, mais avec une allocation mensuelle presque 3x moindre que notre salaire mensuel familial du Québec… avec quelques factures québécoises qui continuent malgré notre départ: nos 2 prêts étudiants, l’Hydro de la maison, les taxes municipales, les assurances…

Et, surtout, il faut vivre et manger ici!

Finalement, pour notre plus grand bonheur, nous n’avons jamais été aussi libres dans nos finances!
Et croyez-moi, ça fait du bien!

Je dis ça et je me sens un peu égoïste alors que 91% de la population de notre région de l’altiplano vit sous le seuil de la pauvreté. Il y en a de la pauvreté ici. Dans le centre des villes, il y a pas mal de mendiants. Surtout des personnes âgées et des femmes avec leurs enfants, des femmes autochtones presque exclusivement. Mais il y a aussi beaucoup de débrouillardise. Dans la rue, les habitants développent des façons originales de se faire un peu de sous. Sujet intéressant qui fera l’objet d’un autre article subséquemment… :)
Ainsi donc, le Lonely Planet et les amis avaient raison, le coût de la vie ici est vraiment bas. Le plus bas de l’Amérique du Sud. Je vais même vous donner des exemples!

Ici, la monnaie nationale est le Boliviano. 7 Bolivianos = 1 $ US. Pour simplifier les choses, je vais mettre les prix en $ US. Alors...

- Une course en taxi de la maison au bureau (10 min.) : 55 cents.
- La même course, mais en famille car le prix monte avec le nombre de personnes : 1,20$
- La même ride, mais en micro-bus : 14 cents chacun


- Un litre de lait : 75 cents.
- 5 petits pains baguette pour le petit-dej : 28 cents.
- Un Revello: 28 cents.
- Un excellent milkshake avec des mangues ou des papayes (hum!!): 75 cents

- Une méga-fantaisie de crème glacée comme sur la photo: 4 $


- Un repas complet le midi au meilleur resto végé d’Oruro : 1,30$
- Un repas gargantuesque de viande d’agneau, riz, salade dans un resto réputé : 5,70$. Et pour toute la famille, avec breuvages, pourboire: 20$


- Un chandail chaud en alpaga: 8 $
- Un compte de câble pour le mois : 8 $
- Notre aide-ménagère pour 3 heures de boulot : 7$ (excellent salaire pour ici)
- Autobus La Paz-Oruro (4 hres, autobus voyageurs avec bancs demi-lits): 3,50$ ch.
- Une nuit dans la magnifique suite d’un hôtel 4 étoiles de La Paz, 5 déjeuners inclus : 44 $
- Une soirée de gardiennage par notre proprio: 4,20$
- Un tour de 5 min. pour Sacha dans le petit caroussel du marché: 28 cents.


Le coût de la vie nous permet de nous gâter et de faire des petits extras amusants, qui feront partie de notre grande boîte à souvenirs. On encourage aussi l'économie locale. Pour notre plus grand plaisir, celui des enfants... de même que celui des commerçants d'ici!
SALUD !

mardi 5 janvier 2010

L'ordre et le désordre (par Sandra et Pierre-Luc)

Au Canada, on aime quand tout est structuré.
En Bolivie, on va là où la vie nous mène.




Au Canada, les prix sont indiqués sur tous les produits et sont identiques pour tout le monde.
En Bolivie, les prix sont dans la tête des commerçants et dépendent du temps qu'il fait, de l'humeur du vendeur ou de la couleur de votre peau. On parle et on négocie.




Au Canada, il y a des lignes jaunes sur la route, on fait des stops et on y va chacun son tour.
En Bolivie, il y a beaucoup d'autos, pas de stops mais des klaxons. Le plus audacieux y va.




Au Canada, quand on klaxonne, c'est avec un doigt d'honneur.
En Bolivie, c'est pour avertir que l'on est là. Et toujours avec le sourire.


Au Canada, on fait des files, on attend chacun son tour.
En Bolivie, on fait un motton et on décide que c'est son tour...après avoir pris du temps à comprendre le manège.




Au Canada, on rentre au boulot à 9h et en finit à 17h.
En Bolivie, on rentre autour de 9h00, 9h15, ça dépend des matins et on lunch pendant 2 heures.

Au fait...



Au Canada, on a la montre.
En Bolivie, on a le temps.