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Merci à vous tous amis lecteurs de notre blogue!

Vous nous avez solidairement accompagnés tout au long de cette merveilleuse aventure bolivienne. Rapatriés au Québec à la mi-aout 2010, nos problèmes de santé ayant eu raison de notre grande volonté, nous continuons à recevoir des commentaires de gens venus lire nos écrits. Merci!

A chacun d'entre vous, nous vous souhaitons que la santé soit au rendez-vous. Osez mettre en oeuvre les étapes menant à la réalisation de vos rêves... Vous savez, ces projets qui vous habitent au plus profond de votre coeur. Comme ce fut le cas pour nous avec notre vie en bolivie.
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dimanche 11 juillet 2010

L'énergie spirituelle de la célébration du Nouvel An Aymara (par Sandra)


Il est 4 hres du matin, mon cadran sonne. Je vais réveiller Julie (mon amie québécoise en visite) parce que l'on a rendez-vous dans une demi-heure au centre-ville de Oruro. On va rejoindre mon ami Javier et ses cousins-cousines.

On se prépare à monter le plus haut mont de Oruro. Car dans chaque région de l'Altiplano, en ce 21 juin sosltice d'été (ben...d'hiver ici!) , nombreux sont les gens qui se rendent au plus haut point de la ville pour se rendre le plus près possible le soleil. Car aujourd'hui, on célèbre le Dieu Soleil, on célèbre le nouvel An Aymara. Aymara: l'identité culturelle autochtone de l'Altiplano. Un peu comme les atikameks ou les Iroquois au Québec.

Alors, Julie et moi, pleines de bonne volonté, on amorce notre ascencion...qui s'avèrera un véritable défi d'endurance. Oh god, montez une montagne de 500m...pas si pire, mais quand tu es déjà à 4000m d'altitude...tu cherches ton air, c'est pas possible!!! Ce qui aurait pris 20 minutes à nos amis oruréniens (s'ils n'avaient pas poireautés derrière nous), on l'a fait de peine et de misère en une heure et quart!!! Merci à René qui a eu la bonne idée de préparer un thermos de tisane de coca pour ses amies canadiennes, grandement affectées par l'altitude! Car oui, la coca a la propriété de diminuer le mal des montagnes. Vous en parlerez à Julie qui se mourrait de nausées au milieu de l'ascencion...

Au sommet, par contre, vous auriez dû voir le spectacle qui nous attendait....
Une centaine de personnes, jeunes et moins jeunes (je sais pas comment ils ont fait pour monter là), tous vêtus de vêtements typiques, jouant de la flute de bois et des tambours typiques...autour d'un feu de joie. Dansant, buvant, vivant la plénitude du moment...en pleine nuit, à attendre le lever du soleil. Au côté, flotte le drapeau multicolore des Aymaras.

Les groupes d'amis préparent leur "table blanche", un rituel où ils placent des blocs de sucre qui représentent des choses qui leur sont chères (des maisons, des coeurs, des enfants, de l'argent...), de l'alcool pure, du vin rouge, de la bière "spoutchée" après avoir été shakée....Sans oublier des feuilles de coca judicieusement sélectionnées par chacun des participants de la "table". Chacun en choisit une, pense à un souhait et la jette sur le papier blanc qui sert de table par terre.

Juste avant que le rond chaud du soleil se pointe derrière la montagne, le chef des autorités originales fait son discours. On est tous appelés à se placer d'un seul côté du feu de joie, face au soleil qui fera son apparition dans quelques minutes.

Il est environ 6h00. Tous se mettent spontanément à genoux, les mains levées, ouvertes, tendues vers le soleil. On demeure ainsi, tous silencieux...... On reçoit l'énergie du soleil levant.
Durant environ 7 minutes, le temps que la boule de feu sorte complètement de la montagne. Magique et totalement inspirant. Jamais je n'oublierai ce moment.

(Bon, je me dois de vous confesser quelque chose...En bonnes canadiennes que nous sommes, on n'a pas réussi à garder les mains dehors en continu pendant 7 minutes. J'ai dû faire des pauses de quelques secondes pour les mettre dans mes gants de lama. Trop difficile. Je sentais, oui, l'énergie spirituelle...mais aussi le frreettte glacial de l'Altiplano. Ayoye.)

Pierre-Luc et moi, on tient définitivement à conserver certains rituels appris ici. Et celui du Solstice d'été en fait certainement parti. Vous serez des nôtres l'an prochain??
Mais au fait, quel est le mont le plus haut de St-Henri-de-Lévis....???

lundi 21 juin 2010

Festival de danzas et identité culturelle (par Pierre-Luc)

Ce soir avait lieu le Festival de danse du Collège-Anglo-Américano. Daphnée et Matisse, comme tous les élèves du collège, participaient à cette fête annuelle, sous les regards pétillants des parents et amis venus nombreux afin d'encourager les danseurs et danseuses. Imaginez deux heures trente de danses traditionnelles purement boliviennes! En tout, une quinzaine de danses ont été interprétées par les élèves de 3 à 18 ans. Ce sont autant de costumes qui ont défilé sur le terrain sportif, tous plus colorés les uns que les autres. Les enfants ont été superbes comme vous pourrez le constater sur le video accompagnant cette chronique!

Tout au long de cette belle soiree, il m'a été donné de constater la richesse culturelle bolivienne. Ce soir, cette richesse n'avait d'égale que la fierté des élèves ; si les pétards à mèches éclairaient parfois la surface de danse, leur lumiére n'était rien à côté des étincelles dans les yeux des élèves qui achevaient, tour à tour, leurs performances!

Toutefois, pour moi, le constat était plus navrant: si un tel festival de danse s'était tenu dans une école secondaire du Québec, quelles danses les élèves auraient-ils bien pu présenter? Une fois le "set carré" présenté et les 15 minutes de spectacles terminées, les spectateurs seraient retournés chez eux avec la nette impression de ne pas en avoir eu pour leur argent! Comment se fait-il qu' une culture si "distincte" que la nôtre ne puisse pas faire étalage de ses traditions? Pourquoi est-il nécessaire que les Canadiens fassent les series pour qu' on voit poindre un semblant de fierté de ce que nous sommes?

Devant tant de traditions boliviennes, j'en viens à me demander lequel des pays, le Canada ou la Bolivie, est le plus pauvre. La réponse ne se trouve certainement pas dans les données économiques et le PNB, le produit national brut de notre pays occidental fait bien pâle figure devant le PNB, le produit national de bonheur de notre pays d'adoption! Espérons qu'un jour, nous saurons retrouver nos racines, que nous serons fiers de nos traditions québécoises et que nous mettrons en lumière ce qui nous rend si "distinct". Si toutefois nous étions incapables d'y arriver seuls, gageons qu'il y aura bien des boliviens disponibles pour venir faire de la coopération internationale au Quebec afin de nous aider à retrouver un tant soit peu de ce qui nous rend si fiers d'être Québécois!


Petit mot de la fin par Sandra:
D'ailleurs, notre 24 juin approche à grand pas.... Bonne St-Jean chers amis québécois! De la verdure des plaines, admirez le feu de joie au son de la musique de Gilles Vigneault tout en dégustant une bonne bière entre amis! Ouf...je sens poindre un sentiment de nostalgie en moi. Hey oui, je suis vraiment fière d'être québécoise....

"Gens du pays, c'est à votre tour, de vous laissez parler d'amour..." Je vous jure que ce 23 juin, à 22 hres précises, je participerai, au coeur du Salar de Uyuni où je serai en vacances, à ce moment magique, ce record de milliers de compatriotes québécois qui entonneront l'hymne national de notre pays tous en choeur. Vous pourrez nous compter, Julie, Jen et moi en plus.

mardi 8 juin 2010

Notre bilan-santé est dans le rouge! (par Sandra)

Bon, je sais que la vaste majorité de nos textes sont positifs, drôles ou réflexifs. Mais Pierre-Luc et moi on se disait justement hier que pour avoir une vision réelle de notre expérience, il ne fallait pas occulter les moments difficiles, enrageants ou larmoyants qui nous affublent aussi ici...principalement côté santé.

Alors, voilà, on se lâche lousse. On n'en peut plus!

J'en suis rendue à penser qu'on ne sera plus capable de se retrouver un assureur-santé à notre retour au Québec. Ça n'a juste pas de bon sens. Pour vous montrer l'odieux de la chose, je vous dresse un tableau rácapitulatif ...

Décembre-janvier: on passe un mois à avoir, chacun en alternance, vomissements, diarrhées, fièvre et grande fatigue. Ça me prend quelques semaines à comprendre que l'altitude ne peut pas être la seule responsable de cette galère et que probablement nous sommes à nous passer la même bactérie depuis un mois. Diagnostic: salmonellose pour les cinq. Antibios.

Février: Pierre-Luc chope la fièvre typhoide, une complication de la salmonellose. Vraiment costaud. 4 jours d'hospitalisation avec antibios intra-veineux. Le reste de la famille file pas terrible alors on se fait tester aussi. Résultats: tous sauf Matisse ont encore la salmonellose. Le traitement du mois dernier n'a pas marché. 2e shot d'antibios.

Mars: Sandra attrape a son tour la fièvre typhoide. Véritable cochonnerie. Hospitalisation suite à une diarrhée sans fin qui aboutit à une solide déshydratation. 4 jours d'antibios intra-veineux. Je vous entends dire: oui mais, ils n'ont pas reçu le vaccin contre ça?? Hey oui!!! (on peut conclure que c'est d'une efficacité redoutable)

Avril: Les symptômes démentiels de l'infection intestinale refont surface dans le corps déjà affaibli de Sandra. En plein voyage dans le campo, à 3 heures de ce qui peut s'appeller une ville. Résultat: ride d'ambulance de nuit pour la Paz, hospitalisation d'une semaine avec antibios intra-veineux. Diagnostic: infection intestinale à Cryptobacter Freundi (what?!?!), résistante à pratiquement tout ce qui se fait d'antibio, ce qui fait que je la trainais depuis un bail mais que les traitements antérieurs ne lui faisait pas un pli sur la bedaine.

1 semaine plus tard, début mai: Matisse est hospitalisé dans la même clinique de La Paz après que les docs de Oruro aient conclu qu'ils ne savaient pu quoi faire avec lui. 9 jours de fièvre entre 39 et 40, déshydratation. Diagnostic: fièvre typhoide. 1 semaine d'antibios intra-veineux. Et un petit bonhomme encore plus blanc, amaigri mais très courageux.

Fin mai: Daphnée se tape deux jours de vomissements suivi d'une semaine de grande faiblesse. Notre ami Benjamin, médecin (ouf, que c'est utile!), la visite quelque fois sur son divan de salon...et cette fois, pas besoin d'antibios, juste ben de la patience.

Première semaine de juin: Sacha prend le relais. Vomissements, diarrhée, fièvre. On dirait vraiment un disque qui finit pu de reprendre la même toune. Diagnoctic: la cr*^%$# de salmonellose On repart les antibios.

N'allez pas croire que ça nous affecte seulement nous. Nos collègues canadiens y goûtent aussi. En ce moment, alors que Sacha combat sa salmonelle, Christiane est hospitalisée à La Paz pour une parasitose, Janelle est en convalescence pour sa 4e salmonellose en 6 mois et Andrée-Ann poursuit des tests pour une gastritite secondaire à une infection intestinale. Et je vous rappelle que l'on est seulement 11 volontaires canadiens ici.

Maintenant, j'ai les numéros de cell de 3 médecins spécialistes. Je peux les joindre quand on en a besoin, jour, nuit, fin de semaine. Pas étonnant avec les honoraires que l'on paie... Pour vous donner une idée, jusqu''à maintenat, on a réclamé 5000$ aux assurances. On n'est sûrement pas le meilleur deal qu'ils aient fait!

On connait tous les conseils et trucs préventifs pas-possibles. Chaque fois, on les a revus avec les docs: pas d'eau, pas de fruits et légumes crus, désinfection au chlore, pas de 'tits jus en sac, pas manger dans la rue, laver ses mains 10x par jour, on cuisine maison...Mais on convient que plus le système est affaiblit, plus il est fragile à pogner tout ce qui passe. Et à cinq, disons qu'en plus la probabilité de se contaminer l'un-l'autre est plutôt grande.

Les crises de larme ont abondé, croyez-moi. On est écourés. Chaque fois, on se dit que l'on ne peut pas en prendre plus. Mais on continue... Plusieurs doivent penser qu'on est des fous finis. Peut-être en partie. On a pensé retourner au Canada, on y pense encore en fait. Chaque fois qu'il y en a un qui tombe sur le carreau, on y pense. Les médecins nous disent que nos corps vont finir par s'habituer aux bactéries locales. Honnêtement, après 7 mois, j'y crois de moins en moins...

Mais, faut croire qu'il y a beaucoup, beaucoup de positif dans notre vie ici... parce que le coeur y est toujours. Nous sommes, malgré tout, très heureux de vivre en Bolivie.

lundi 7 juin 2010

Personnages du voisinage (par Pierre-Luc)

Notre voyage est terre bolivienne est surtout fait de rencontres. Laissez-moi aujourd'hui le plaisir de vous présenter ceux qui ponctuent notre quotidien orurénien.

Il y a d'abord Carmen, qui tient la petite tienda voisine de notre maison. Les enfants adorent aller la voir à tous les jours afin d'effectuer les achats de base : lait, oeuf (avec parfois quelques plumes et quelques grains de paille!) et sucreries! C'est par le carreau de sa porte (que nous ne pouvons d'ailleurs franchir) qu'on s'adresse à elle en y allant d'un "Buenos dias señora Carmen". On l'entend alors arriver, clopinant et trainant des pantoufles avant d'y aller de son plus beau sourire.



Il y a aussi cette autre tienda, au coin de la rue: on y va pour sa bière! La propriétaire Angélica est fort sympatique, surtout depuis que je lui ai rendu SA bouteille. C'est qu'il faut comprendre qu'ici, les grosses bouteilles de bières sont "consignées", mais il est primordial que la bouteille retourne à SA propriétaire! Imaginez le drame alors qu'après un souper chez des amis, j'ai oublié SA bouteille. Dès que je passais devant sa tienda, elle y allait de sympathiques "MA BOUTEILLE!!". Il a bien dû se dérouler deux semaines avant que je lui rende cette fameuse bouteille. Inutile de vous dire que mes stratagémes étaient alors nombreux afin d'éviter ses appels désespérés: changer de côté de rue, presser le pas en regardant droit devant moi et faisant mine de ne pas entendre Sacha me dire: "Papa, la madame te parle!".

J'ai finalement rendue la bouteille à SA propriétaire et depuis, la relation est au beau fixe. Même si elle tente parfois de grimper le prix!

Il y a aussi Enrike, le chauffeur de taxi. Toujours ponctuel (c'est rare ici!) il va porter, chercher, porter et rechercher les enfants à l'école à chaque jour. Il est un chauffeur patient et courtois (ça aussi c'est rare ici!). Petit et un peu trappu, le visage rond ponctué de quelques poils de barbe, il semble incapable de faire du mal à une mouche. Pourtant, son surnom, "Piedra" (la pierre), cache un passé surprenant de champion national de boxe! La semaine dernière, d'ailleurs, il nous a raconté s'être servi de ses compétences à Cochabamba pour knocker un voleur de cellulaire. Aujourd'hui, il arbore une main droite enflée... alors que son adversaire, selon les dires d'Enrike, arborerait un nez cassé!

Il y a aussi Helena, qui chaque lundi, mercredi et vendredi vient donner un coup de pouce avec le ménage. Elle vient souvent accompagnée de sa fille Eveline qui, depuis, est devenue une bonne amie des enfants!

Mais il y a surtout Jorge et Anna-Maria, les propriétaires de la maison. Ils habitent presque avec nous, sur la même propriété. Ils sont nos voisins, nos conseillers, nos amis, nos grands-parents boliviens (bien qu'ils ne remplacent pas les vrais, évidemment! -message aux papis et mamies-).

Jorge est un travailleur acharné. Ingénieur de formation, il a perdu son emploi au CECI (l'organisme avec lequel nous sommes ici) il y a de cela quelques mois. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il nous loue sa maison, alors qu'eux ont emménagé dans les "appartements" à l'avant de la maison. N'allez toutefois pas croire que le prix du loyer les laisse cousus d'or et d'argent. En fait, notre loyer sert exclusivement à défrayer les frais de scolarité et de loyer de leur plus vieux fils, Daniel, actuellement à l'université à La Paz. L'éducation est très importante pour eux, comme bon nombre de Boliviens. Il leur est donc très difficile de joindre les deux bouts.

Comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, nos nombreux séjours à l'hopital leur ont donné un coup de pouce, Anna-Maria s'étant tranformée en gardienne auprès de nos enfants...et du chien!

Anna-Maria est, comme le veut la tradition, une femme au foyer. Bien qu'elle aurait aimé s'occuper de tout-petits en garderie, son mari (et l'époque) en avait décidé autrement.

Trois jours par semaine, d'ailleurs, elle cuisine pour le plus grand plaisir de nos papilles. Il faut savoir qu'une erreur médicale est à l'origine de son fillet de voix. Depuis, des montants exorbitants sont engouffrés dans ses soins de santé... les erreurs médicales ici sont rarement reconnues.


Plus d'une fois Jorge et Anna-Maria nous ont aidés et encouragés dans les moments difficiles. Je crois en fait qu'on s'appuient les uns les autres. Une chance pour nous qu'ils sont là et je sais aussi, pour l'avoir entendu de leur bouche, que nous sommes la meilleure chose qui leur est arrivée dans ces temps difficiles!


Autrement, depuis quelques semaines, les amitiés se multiplient: découvrir le "night-life" de Oruro aide. Ainsi, les Benjamin, Javier et autres oruréniens commencent à peupler notre quotidien... pour notre plus grand plaisir!


Gageons que le retour au Québec sera difficile!

samedi 8 mai 2010

Le Bolivian Style (par Sandra)

Je dois rendre l'honneur à mon collègue et ami coopérant Tarik qui a inventé l'expression qui maintenant fait partie de notre vocabulaire usuel. Ces situations un peu absurdes ou illogiques typiques de la Bolivie, qui surprennent les petits Gringos que nous sommes, se classent maintenant dans le régistre du Bolivian Style. Des exemples...

Le Bolivian Style au quotidien
- Les micros, genre d'Econoline, qui se baladent sur l'autoroute avec leur cargaison de moutons vivants sur le toit....attachés par les pattes, placés au milieu de bicyclettes et de paquets divers. Tout un spectacle!

- Les gens qui pitchent des roches dans les fenêtres des maisons pour aviser qu'ils sont sur le trottoir et qu'ils veulent vous jaser. (Une sonnette, ça sert à ça, non?)

- Les tonnes de bloqueos qui surviennent sans avertir et qui perturbent les transports, déjà pas simples, en Bolivie. Des chauffeurs d'autobus qui bloquent la main pendant 2 jours pour revendiquer le droit de boire en conduisant (?!?) ou des cholitas qui s'assoient dans le milieu des rues du centre-ville pour revendiquer...on ne sait pas trop quoi!

- 8 personnes dans un char 4 places, du courant. Si il y a pas de place, ils iront sur le toit. Des dizaines de policiers dans les rues: ils ne diront jamais rien. Par contre, ils m'intercepteront moi, la petite blanquita, pour me demander si je me balade avec mon triangle rouge de sûreté et mon extincteur de feu dans mon char!!! À n'y rien comprendre.

- Quand l'hymne national part, tout le monde arrête de bouger, chante et solonnellement se met la main sur le coeur.


- Les prises de courant sont typiquement Bolivian Style. On doit souvent tenir la prise pour que ça marche, ce qui, disons-le, est très pratique. Si on accroche subtilement le fil, tout s'éteint. Et ça, c'est quand elles ne fondent pas ou qu'elles n'explosent pas!

- Au resto: les bières et liqueurs sont gardées au frigo, mais sont servies tablette (?!). Comment ça? Elles sont au frigo, mais ce dernier n'est pas branché...question de diminuer les coûts énergétiques. (Où serait-ce une manifestation d'une épatante conscience environnementale?)

- Au resto: ne partez pas avec votre idée toute faite. Car la moitié des plats inscrits sur le menu ne sont pas disponibles. Si vous commandez du lait, peut-être que la serveuse piquera une course pour aller vous le chercher au dépanneur d'en face.

- Le concept d'heure d'ouverture de magasins n'existe pas ici. Ils ouvrent vers 9hres et ferment autour de l'heure du diner...jusqu'au milieu de l'après-midi (14h, 14h30, 15h, 15h30???) C'est flou, me direz-vous? Oui, mais c'est de même. Tentez de revenir vers 15hres...vous verrez. Si vous êtes chanceux, ce sera ouvert, sinon...vous repasserez!

Le Bolivian Style au travail

- Les premiers vendredis de chaque mois: les gens qui travaillent dans les bureaux festoient. Ils boivent de la bière et jasent afin de bénir leur bureau pour le mois. Je pense que je vais instaurer ça au Québec....

- Un tunnel creusé dans le roc de la montagne est trop petit pour que l'autobus transportant des coopérants canadiens passe? Que fait-on? On enlève le rack du toit et...on passe flush!!! Les passagers ont eu la bonne idée de traverser à pied avant...au cas où!

- Mardi, je suis au bureau, le Docteur X dit qu'il passera vers 14 hres. Evidemment, il ne vient pas et il n'appelle pas. Mercredi matin, je l'appelle. Il viendra vers 16 hres. Evidemment, il ne vient pas et il n'appelle pas. Quand je l'appelle, son cellulaire est fermé. Il passe finalement au bureau le jeudi sans avertir!

- Une réunion prévue pour 9h ne commencera jamais avant 11h30...Bolivian Style oblige. Il y aura juste les canadiens qui seront là à l'heure et qui poireauteront à attendre patiemment les autres...qui finiront par venir. On ne sait pas quand, mais ils viendront.

-Pas une bonne idée de vouloir faire le plein d'essence le lundi matin avant d'aller au campo. Car souvent, le lundi matin, il n'y en a plus d'essence dans tout le Oruro métropolitain! On ne parle pas d'une ville-trou là...il y a quand même plus de 200 000 personnes qui vivent ici.

- L'alcool coule à flots dans le campo... difficile de tenir une réunion quand la fête est déjà pas mal avancée (on remet la réunion, c'est mieux) ou quand ce n'est pas le doc de garde qui a abusé un peu trop... une chance qu'il y a des internes pour garder le fort!

- Le médecin-directeur et moi avons prévu de partir 2 jours dans les communautés rurales de sa municipalité. La date venue, je pars donc à 6h30 pour me rendre à Santiago de Callapa, à 2h30 de char d'Oruro. Arrivée sur place: le médecin est pas là. Parti à La Paz pour 2 jours. Great! Je revire de bord...


À bientôt chers lecteurs. Nous continuerons de collecter pour vous les manifestations du Bolivian Style. Et merci ami Tarik pour les superbes photos.

samedi 24 avril 2010

Voyage au beau millieu d'une salière! (par Pierre-Luc)


La Bolivie semble parfois regrouper plusieurs pays. Nous avions déja fait cette constatation en comparant les villes comme La Paz aux villages du campo. En fait, bien plus que différents pays, nous avons souvent l'impression d'être dans deux mondes différents: la richesse de la capitale n'a aucune commune mesure avec la pauvreté de la campagne de l'altiplano, il en va de même pour la végétation, les palmiers et la jungle de certaines régions versus les arbustes rabougris des hauteurs andines.

Notre semaine de vacances allait bientôt nous permettre de confirmer à quel point la Bolivie est un pays de contrastes.

Le Salar de Uyuni

Imaginez la plus vaste réserve de sel du monde: 12 106 km2, du sel à perte de vue. Pendant la saison sèche, la blancheur du sel est telle qu'il devient difficile de le regarder sans porter des lunettes de soleil et pendant la saison des pluies, l'eau qui s'accumule à la surface reflète parfaitement le ciel de sorte qu'il est difficile de distinguer le haut du bas: l'horizon disparaît!




Quelques îles, qui semblent sorties de nulle part, trônent ici et là, dans le désert de sel. C'est le cas de L'Isla del Pescado, recouverte de milliers de cactus dont certains sont millénaires!




C'est donc dans ce lieu mystérieux que nous avons passé les premiers jours de nos vacances. Mais je vous entends déjà dire "d'où vient tout ce sel?".



Selon la légende, Atahualpa (sais pas qui c'est!) lacéra la poitrine d'une femme appelée Tunupa sur les pentes d'un volcan. Le volcan, aux pieds duquel nous avons d'ailluers dormi, porte désormais le nom de cette femme aux seins meurtris! Le lait qui coula alors de ses seins se répandit et forma le désert de sel.



En ce qui me concerne, j'étais sceptique! D'abord le lait maternel n'est pas salé (!!) et ensuite, j'aurais bien aimé voir la grosseur des seins de la madame pour que sa lactation arrive à couvrir 12 106 km2. Mais bon, va pour le folklore!
Les plus rationnels parmis nos lecteurs seront ravis de savoir qu'il existe une autre explication... disons... moins pittoresque, mais plus plausible.

Il y a 40 000 à 25 000 ans, le lac Minchin (à 3760 mètres d'altitude) recouvrait la majeure partie de la région. Lorsqu'il s'évapora, il laissa deux grandes concentrations de sel dont la plus grande, le salar de Uyuni. "Cette partie de l'Altiplano est endoréique (ses cours d'eau se perdent dans les terres); les dépôts de sel proviennent donc des minéraux lessivés des montagnes et accumulés au point le plus bas" (merci Lonely planet!)
Les plus rationnels parmis nos lecteurs se diront "il doit bien y avoir de l'argent à faire avec tout ce sel"! (on croirait entendre mon père!)

Et bien oui, certaines parties du désert sont exploitées et la production annuelle est estimée à prés de 20 000 tonnes dont 18 000 tonnes destinées à la consommation humaine, le reste sert au bétail...(merci encore Lonely Planet) Et non, le sel ne sert pas à déglacer les routes ici!


Finalement, au milieu de ce paysage magnifique et insensé, les explications scientifiques ne sont que bien peu de choses et on en vient à croire que l'endroit est magique. Notre condition humaine devient bien relative: on se sent tout petit face à ce désert immaculé, en fait, on se sent comme un grain de sel dans l'univers (où dans une salière!)


mardi 2 mars 2010

La jour de la Pachamama (par Sandra et Pierre-Luc)


La semaine du célèbrissime Carnaval d'Oruro se termine le mardi par la Ch'alla à la Pachamama, la fête à la Terre-Mère. Tous les Boliviens décorent et célèbrent ce qui leur est cher... la maison, la voiture...le tout en compagnie de la famille avec qui ils partagent le rituel, le souper et beaucoup beaucoup de bière!


Voici comment nous avons été initiés au rituel de remerciement à la Pachamama!

Cliquez sur le lien: http://www.youtube.com/watch?v=XMW9rL7BMpA

samedi 13 février 2010

Viva el Carnaval !!! (par Sandra)





Aujourd'hui, notre initiation au Carnaval d'Oruro!
Cette légende bolivienne, cet amalgame de traditions ancestrales racontant l'histoire de la région au rythme des danses endiablées.
Fabuleux!
Quelle expérience! On se trouve pas mal chanceux d'être ici!
On a eu du fuuuunn pur, les amis!
Voici des photos de notre journée.
Et qui dit Carnaval, dit bataille de globos (ballounes d'eau) et d'espuma (genre de crème à barbe en spray)...
...hoooouuuua! Quel bonheur pour nos coeurs d'enfants!




Et ça continue non-stop jusqu'à demain dimanche dans la nuit!
Mais nous, en tant que personnes hautement sages, avons pris la nuit de break...:)
Et puis, forts de notre première expérience carnavalesque, en prévision de notre 2e journée demain, nous nous sommes procurés des supers-punchos-protèges-globos!




mardi 26 janvier 2010

Guide de survie à 3 800 mètres d'altitude (par Pierre-Luc, photo de Terry Sebastien)


Bravo! Vous vous apprêtez à vous envoler pour la Bolivie. Voici donc quelques petits trucs afin que votre séjour soit des plus agréables.

- Dès votre sortie de l'avion, vous risquez de ressertir un ou des symptômes parmi les suivants: Nausée, vomissements, étourdissements, saignement de nez, fatigue extrême... Aussi, la médication pré-départ peut être une solution envisageable afin de diminuer les symptômes liés à l'altitude.

- Prévoyer un peu de temps afin de faire une pause à la clinique médicale de l'aéroport: des bonbones d'oxygène sont mises à votre disposition.

-Ensuite débute la descente vertigineuse vers La Paz. Même si cette randonnée en taxi propose un panorama à couper le souffle, vous n'y verrez rien.... aussi prévoyez un sac puisqu'il se peut qu'il recueille le contenu de votre estomac.

-Durant les premières journées, le moindre effort physique vous semblera colossal: par exemple, monter quelques marches nécécessitera une pause afin de vous remettre de vos émotions "fortes". De plus, après l'effort (parfois bien après) vous aurez souvent l'impression que vous sortez la tête de l'eau et que vous respirez pour la première fois.

-Vos nuits seront difficiles. Pour une raison que l'on ignore, les nuits en altitude sont moins réparatrices: prévoyez descendre de quelque 1000 mètres le temps d'un week-end, votre corps vous dira merci!

-Vous n'aurez jamais vu le soleil d'aussi près. Aussi, rappelez-vous que vous n'êtes pas bolivien: votre 'tite peau blanche ne vous laissera aucune chance: prévoyez de la crême solaire en quantité industrielle.

-Plus près du soleil veut aussi dire chaleur accablante (par moment). Mais attention, dès que vous croiserez un coin d'ombre, que des nuages se pointeront, assurez-vous d'avoir avec vous un bon manteau. Pour les soirées, prévoyez une tuque, des mitaines et un foulard. Un sleeping -20 ou -30 est essentiel surtout qu'ici, les maisons ne sont pas chauffées... ni isolées!

-Prévoyez aussi beaucoup de beaume à lèvres, on reconnaît les nord-américains qui viennent tout juste d'arriver à leurs lèvres gercées; la sécheresse atteindra aussi votre bouche (surtout durant la nuit) et votre nez! Apès quelques semaines, la situation devrait se rétablir par elle-même.

-L'altitude influence également les aliments: la pression fait "bomber" les contenants. Aussi, méfiez-vous en, ils vont assurément déborder à l'ouverture... et se retrouver sur votre nez!

-Finalement, en campagne, il est parfois nécessaire de faire ses besoins au pied d'un arbre. Puisque l'altitude influence aussi la végétation, sachez que l'expression "au pied d'un arbre" prend un nouveau sens puique les arbres mesurent... un pied!

Voilà, vous êtes maintenant prêts.

Bon voyage!





dimanche 24 janvier 2010

Cherche et trouve (par Pierre-Luc et Sandra)


Dimanche après-midi. Luxueux hotel Eden du centre-ville d'Oruro qui d'ailleurs détonne passablement dans le paysage. Au programme: piscine chauffée, spa et milkshakes aux fraises. Toute la famille s'en donne à coeur joie. Surtout que l'endroit est presque désert, hormis cet homme bolivien qui marche dans la piscine à pas de tortue, de long en large, en fixant le fond de la piscine.


-Maman, qu'est-ce qu'il fait le monsieur? demande Daphnée, intriguée.

- Je ne le sais pas...peut-être qu'il médite? Peut-être qu'il compte les carreaux de céramique au fond de la piscine?

-Il cherche peut-être des cennes noires?? rajouta Pierre-Luc, toujours aussi comique.


On joue au ballon, on fait le dauphin et quelques longueurs. On s'amuse et on relaxe.


Soudain, Pierre-Luc met le pied sur quelque chose. Une roche? La fameuse cenne noire? Pierre-Luc comprend alors. L'homme cherchait sûrement quelque chose. Qu'est-ce? Une bague? Pierre-Luc utilise la même technique que l'homme bolivien et scrute le fond de la piscine. Rien.


Après quelques minutes de recherche, il remet finalement le pied sur l'objet convoité. Il le saisit entre ses grands orteils afin de le remonter à la surface.


Surprise! Ce n'est pas une bague! Il s'agit plutôt... d'une incisive artificielle raboutée à un bout de gencive tout aussi artificiel!!!


Est-ce vraiment ce que l'homme cherche? se questionne Pierre-Luc. Vais-je vraiment lui demander : «est-ce votre dent, monsieur?!»


Devant le regard interrogateur de Pierre-Luc qui fixe sa main, ahuri, l'homme s'avance et découvre l'objet de ses recherches.


«Ahhh! Graciassss!» dit-il, souriant de toutes ses dents (sauf une!). Il fait une accolade à Pierre-Luc et sans attendre, remet sa dent à son emplacement d'origine.


«No esta facil buscar en todo esta grande piscina!» («ce n'est pas facile de chercher dans cette grande piscine!») s'exclama t-il, en souriant de toutes ses dents...cette fois-ci!

mardi 5 janvier 2010

L'ordre et le désordre (par Sandra et Pierre-Luc)

Au Canada, on aime quand tout est structuré.
En Bolivie, on va là où la vie nous mène.




Au Canada, les prix sont indiqués sur tous les produits et sont identiques pour tout le monde.
En Bolivie, les prix sont dans la tête des commerçants et dépendent du temps qu'il fait, de l'humeur du vendeur ou de la couleur de votre peau. On parle et on négocie.




Au Canada, il y a des lignes jaunes sur la route, on fait des stops et on y va chacun son tour.
En Bolivie, il y a beaucoup d'autos, pas de stops mais des klaxons. Le plus audacieux y va.




Au Canada, quand on klaxonne, c'est avec un doigt d'honneur.
En Bolivie, c'est pour avertir que l'on est là. Et toujours avec le sourire.


Au Canada, on fait des files, on attend chacun son tour.
En Bolivie, on fait un motton et on décide que c'est son tour...après avoir pris du temps à comprendre le manège.




Au Canada, on rentre au boulot à 9h et en finit à 17h.
En Bolivie, on rentre autour de 9h00, 9h15, ça dépend des matins et on lunch pendant 2 heures.

Au fait...



Au Canada, on a la montre.
En Bolivie, on a le temps.



mercredi 30 décembre 2009

Les différents marchés de la Bolivie (par Matisse)

Dans la plupart des marchés comme le Mercado Campero, on peut trouver toutes sortes de choses comme des assiettes, des bols, etc. Aussi, il y a un marché des instruments où mon père s`est acheté une guitare. De plus, à côté de chez nous, on a un petit dépanneur où on achète du lait, du pain et des biscuits. Et pour trouver nos fruits et nos légumes, on va à la Plaza Pagador et Maora nous vend ses fruits et Antonia nous vend ses légumes. Ici, magasiner c’est différent!















jeudi 24 décembre 2009

Le jour des poubelles ou quand sortir les vidanges devient une expérience…sociale! (par Pierre-Luc)


Une drôle de cloche retentit.
- Papa! C’est le temps des poubelles!

C’est bien vrai : cette cloche, qui ressemble étrangement à celle du Père Noël, n’est pas celle qui annonce la venue du gros bonhomme rouge qui, dans son charriot porte son sac de cadeaux sur son dos. Il s’agit plutôt de la cloche qui annonce la venue… des éboueurs, suivants leurs « chariots malodorant » et portant des sacs (de vidanges) sur leurs dos. Un employé précède le camion de plusieurs minutes, cloche à la main, battant la mesure à un rythme régulier.
Alors, comme tous les gens du voisinage, lorsque ladite cloche carillonne, je me rends sur le trottoir et attends sagement l’arrivée des employés de la compagnie de gestion des déchets. Les voisins se saluent donc du regard, certains osent même des « Como estas? » bien sentis. On dépose corbeilles et sacs de poubelle de tous acabits à nos pieds et on patiente ensemble… c’est fou ce que les poubelles rapprochent le monde!
Arrive enfin le camion, escorté par trois employés cagoulés. Mon imagination s’emballe : je crois d’abord qu’il s’agit d’une embuscade, que le camion n’est qu’une astuce et que les hommes masqués vont bientôt sortir leurs armes automatiques et vont commettre le pire des délits. Nous ne sommes heureusement pas dans un film de Chuck Norris. Les hommes se couvrent le visage pour, dit-on, éviter l’opprobre social, comme le font les cireurs de chaussures au centre-ville. Il faut croire que le métier d’éboueur n’a pas encore obtenu, ici, ses lettres de noblesse!
Nous arrivons enfin dans le feu de l’action : alors que le camion roule à bonne vitesse, les plus chanceux se verront saisir leurs poubelles par des employés, alors que les autres devront courir un peu, rattraper le camion et déverser leurs résidus domestiques eux-mêmes à l’arrière du véhicule. Quelques vieilles dames peinent à s’exécuter, les voisins les aident volontiers. Alors que je me considérais chanceux de ne pas avoir eu à courir à la suite du camion, le vidangeur qui vide mes poubelles les balance allègrement au beau milieu de la rue… quatre maisons plus loin! Je dois donc courir à mon tour afin de les récupérer avant que les voitures ne les écrasent. Les voisins retournent tous à leurs portes respectives… on se salue de la main, conscient d’avoir vécu quelque chose d’intense qui nous a soudainement rapprochés… à moins que ce ne soit moi qui s’imagine des expériences uniques là où il n’y a qu’un geste banal et quotidien… On trouve des expériences humaines là où on veut bien en trouver!

samedi 12 décembre 2009

Un samedi matin sous un soleil de plomb! (par Pierre-Luc)


Le lever se faisait tôt ce matin. (Bon, tôt… 9 heures. Mais il faut dire qu’avec la fièvre de Sacha lors des derniers jours, les heures de sommeil sont précieuses, elles se comptent sur les doigts d’une main.) Allez, on s’en va pelleter. Non, il n’y a pas de neige ici. Il fait même très chaud si près du soleil. En fait, c’est qu’une autre coopérante, Marianne, est ici afin de travailler avec un groupe de jeunes qui s’impliquent en environnement. Alors aujourd’hui nous sommes allées, Daphnée et moi, pelleter des ordures!
Un peu naïvement, je m’attendais à ramasser quelques bouteilles de plastique sur le bord d’une rue d’Oruro. Finalement, on débarque sur un terrain vague, dans le nord de la ville : « Un dépotoir! On va nettoyer un dépotoir?!! » En fait il ne s’agissait pas d’un dépotoir « officiel », mais bon nombre de détritus jonchaient le sol sans espoir d’être un jour ramassés. Qu’à cela ne tienne, nous étions bientôt 60, munis de gants et de masques chirurgicaux prêts à relever le défi.
Après quelques minutes d’optimisme, l’ampleur de la tâche me saute aux yeux : j’ai l’impression de creuser une montagne avec une fourchette, en plus, ça pue et parfois… ça grouille! Le plus étrange, c’est que j’ai parfois l’impression d’être dans mon patelin; en effet, quelques effluves me rappellent… l’EXPO de Trois-Rivières. Comme quoi on est jamais très loin de chez soi.
Finalement, avec les nombreux bénévoles, quelques employés de la compagnie de gestion des déchets et quelques habitants du quartier, on finit par voir la lumière au bout du tunnel : L’endroit est (presque) parfait, c’est propre! Disons que le travail en valait la peine, malgré que maintenant, je me sens un peu comme un employé des manèges de Beauce Carnaval : moi aussi je sens l’EXPO de Trois-Rivières!

jeudi 10 décembre 2009

En route vers notre nouvelle maison! (par Pierre-Luc)


Après quelques jours passés dans un hôtel de La Paz, nous quittons enfin pour notre ville d’accueil : Oruro. Enfin, parce que vivre dans des valises, sans trop savoir où se trouve telle ou telle chose, c’est compliqué :

-Chéri, as-tu vu ma brosse?
-Euh! Oui, j’ai vu ça quelque part… c’est dans l’une des 21 valises!!



Alors, pendant que notre ami Don Domingo remplit la Jeep de nos nombreuses valises (en fait, il les attache sur le toit), on prend un petit souper rapide dans un restau suisse et hop! À nous la grande route… 3 heures à faire.

On sort d’abord du trou qu’est la capitale, la vue est imprenable, à couper le souffle. On quitte peu à peu El Alto et, en même temps, la végétation qui se fait de plus en plus rare. Bientôt, il n’y a plus que les herbes courtes qui recouvrent les collines. On oublie presque qu’on est à 3 800 mètres d’altitude tellement le terrain est « plus plat » (plat étant relatif!)

Quelques postes de péage, un détour par les chemins de boue alors qu’on suit patiemment un camion-citerne qui semble refuser catégoriquement (à cause de son orgueil !?) de nous céder le passage. Un orage impressionnant nous souhaite alors la bienvenue. (C’est vrai, on est presque dans le ciel alors c’est normal qu’on ait l’impression que les éclairs vont nous heurter à tout moment.)

Nous arrivons finalement, une heure plus tard que prévu. On se dirige vers la Plaza où se trouve le restau où l’on va souper. La surprise est générale : malgré la noirceur de la nuit, on découvre une ville accueillante avec une superbe place centrale, des arbres, des plantes (nous qui pensions ne voir que du lichen pendant la prochaine année!), on s’attendait à bien pire. Ça grouille de vie! Dire que le voisin de Sandra, dans l’avion, lui avait tenu ces propos en espagnol (mais je traduits pour vous):

- Oh! Super, vous allez habiter en Bolivie pour un an! À quel endroit allez-vous vivre?
-À Oruro.
-Oh! Désolé… (long silence)Qu’allez vous y faire?
-Je vais travailler en coopération internationale afin d’améliorer l'accès aux services de santé pour les femmes enceintes et leurs jeunes enfants vu le haut taux de mortalité maternelle et infantile.
-Ah! Dans ce cas, MERCI!